Henri Fosso : faire de la terre un levier de croissance, de dignité et de richesse pour notre nation
Il est des noms qui deviennent des symboles. Celui d'Henri Fosso se confond désormais avec toute une filière. À 85 ans, ce bâtisseur n'a pas seulement cultivé la terre : il l’a structurée, régulée et hissée au rang de pilier économique. Alors que CropLife Cameroun (il en est le président honoraire) sanctuarise son héritage en baptisant en son nom une salle d'apparat au sein du Conseil Phytosanitaire Interafricain (UA), Komiaza brosse le portrait d’un pionnier qui a troqué le confort des multinationales pour le combat d’une vie.
Que Henri Fosso c’est qui ?
L’histoire s'écrit dès 1989. Henri Fosso dirige alors Shell Chimie pour l’Afrique Centrale. Le secteur agricole est un Far West. Les pesticides circulent sans boussole. Il décide de siffler la fin de la récréation. Il convoque ses « frères-ennemis » : Ciba-Geigy, Rhône-Poulenc et Procida. Ensemble, ils fondent l’UPAC. Ce n’est pas un club de marchands. C’est la naissance d’un gendarme. Sous sa pression, l’État cède. En 1992, la loi-cadre sur l’activité phytosanitaire est votée. L'homologation devient la règle.
Aujourd'hui, ici, nous ne vous parlons pas de comment il a détruit les rongeurs qui traumatisaient le management de l'Hôtel Akwa Palace à Douala. C'était son premier grand coup en tant que chef d'entreprise. Une preuve précoce de son efficacité radicale : là où les autres tâtonnent, Henri Fosso apporte des solutions.
De la SOCAPALM au sommet du GICAM
Ingénieur agronome issu de la 4e promotion de la prestigieuse EFSA (École Fédérale Supérieure d'Agriculture, 1968), il a fait ses classes dans la boue fertile de la SOCAPALM Mbongo, de 1969 à 1977. Il y apprend une vérité simple : l’agriculture n’est pas une activité de subsistance. C’est le poumon d'une nation.
Cette conviction le mène au sommet. Après son passage à Shell Chimie, il crée Fimex International. Pour donner une visibilité mondiale à son nouveau-né, il installe ses bureaux dans un hôtel de luxe de Douala. Cela ne détourne pas son cœur du champ, sa raison d’être. À travers CropLife, il impose la responsabilité : formation des cadres, toxicovigilance, gestion des stocks obsolètes. Il transforme le partenariat public-privé en réalité concrète, bien avant les discours ministériels.
Le sacre de la 40e Assemblée : L’humilité en héritage
9 avril 2026. Le gotha de l'agriculture s’est réuni à Yaoundé. Ministres et experts internationaux s’inclinent devant le « patriarche ». Son nom est désormais gravé au frontispice de la salle de réunion de l’UA. Le fondateur de Fimex International reste sobre. « Je reçois cet honneur avec humilité », déclare-t-il. Pour lui, ce n'est pas une gloire personnelle. C'est le symbole d'une vision partagée depuis 1989.
L’œil de Komiaza : Un nom pour l'histoire
En baptisant cet espace « Salle Henri FOSSO », la profession sanctuarise une vision. Il est le pont entre l’agriculture d’hier et l’agrobusiness de demain. Il a prouvé une chose : on peut réussir en affaires tout en protégeant l'environnement et la santé humaine.
Ancien Vice-Président du GICAM (actuellement GECAM), il en a assuré la présidence par intérim après le décès d’André Fotso survenu le 2 août 2016. Une mission de transition menée avec la rigueur d'un homme d'État économique.
Le Cameroun saura-t-il faire germer de nouveaux « Fosso » dans une économie en quête de souffle ? Serrez vos ceintures. Le chemin tracé par l'ingénieur de la 4e promotion est une autoroute. Nous n'avons le droit ni de l'abandonner, ni de nous retrouver dans le ravin.
Par Augustin Roger MOMOKANA








