Menoua : L'Officier Mudeh Tendong prend les commandes du tout premier poste de police de Fokoué.

Menoua : L'Officier Mudeh Tendong prend les commandes du tout premier poste de police de Fokoué.

Une mobilisation extraordinaire a secoué la commune de Fokoué, située à seulement trente minutes de Dschang, ce mercredi 14 octobre 2026. Le tout premier poste de sécurité publique de l'arrondissement a officiellement ouvert ses portes, marqué par l'installation solennelle de son chef, l'Officier de police de 2e grade Emmanuel Mudeh Tendong. Présidée par le Commissaire divisionnaire Samuel Kamga, représentant le Délégué régional de la Sûreté nationale pour l’Ouest, en présence du Sous-préfet de Fokoué, Madame Oben Charlotte Bate ; du Commissaire central de Dschang, le Commissaire divisionnaire Abdoulaye Oumar, cette cérémonie historique consacre le maillage sécuritaire de la Menoua. Elle met fin à l'enclavement policier de Fokoué grâce à un effort endogène combinant élites locales et municipalité.

En Bref

- Le Fait : Ouverture officielle du poste de sécurité publique de Fokoué et installation de son tout premier chef.

- Le Lieu/La Date : Place des fête de Fokoué ce mercredi 14 octobre 2026.

- Le Chiffre clé : 7 éléments dont un adjoint (l'Inspecteur Miserinho Keumeze) composent l'équipe de choc mise à disposition.

- L'Enjeu : Implanter une unité pour juguler la criminalité rurale et assurer la police judiciaire sous la tutelle de Dschang.

- L'Impact direct : Rapprochement immédiat de la police des populations et fin de l'obligation de se déplacer à Dschang pour les affaires de sécurité.

Le profil du chef : Emmanuel Mudeh Tendong, un homme de terrain éprouvé

Pour implanter cette toute première unité à Fokoué, la hiérarchie policière a misé sur l'expérience et la rigueur. Entré dans la police en 2004 comme Inspecteur, Emmanuel Mudeh Tendong a gravi tous les échelons intermédiaires grâce à son professionnalisme, accédant au grade d'Officier en 2019.

Son parcours clinique sur le terrain en dit long : il a servi successivement au Commissariat central de Bafoussam, au Groupement Mobile d’Intervention (GMI N°3) de l’Ouest, puis au Commissariat central de Dschang. Pour cette mission d'implantation, il sera secondé par l’Inspecteur de police de 2e grade Miserinho Keumeze, à la tête d’un détachement initial de sept éléments.

Une triple mission républicaine : Sécurité, ordre public et police judiciaire

Placé sous la tutelle directe du Commissaire central de Dschang, le nouveau chef de poste hérite d'une feuille de route exigeante. Sa mission première consiste à garantir la sécurité des biens et des personnes, ainsi que la cohésion sociale indispensable au développement économique. Mais l'architecture de son déploiement est plus vaste :

Mise pour emploi auprès du Sous-préfet de Fokoué ➔ Missions de maintien de l'ordre républicain ➔ Collaboration avec le Procureur de Dschang ↓

Résultat : Un pouvoir de police judiciaire immédiat pour traiter les délits et traquer la criminalité sur place.

Le délégué régional lui a prescrit un loyalisme absolu envers les institutions, une synergie d'action avec les autres forces (brigade de gendarmerie) et une couverture sécuritaire de proximité, garantie sans tracasseries administratives pour les citoyens.

Le triomphe du financement endogène : L’alliance des élites et de la mairie

L'ouverture de ce poste de police est le fruit d’un lobbying intensif et d’un financement participatif local qui supplée les lenteurs budgétaires de Yaoundé. Le Commissaire divisionnaire Samuel Kamga a salué l'initiative et les démarches multiples engagées depuis trois ans par le député, l'Honorable Pierre Marie Tikobau.

Pour matérialiser cette vision, Madame le Maire, Adrienne Demenou Tapamo, a mis à disposition deux bâtiments communaux. Le parlementaire a entièrement réhabilité le premier accueille les bureaux du poste. Sa dotation technologique et mobilière (ordinateurs, bureaux) est l'œuvre exclusive de l'élite Serges Noutcha. Le second bâtiment, en attente de réfection, servira de caserne d'astreinte pour le personnel, assurant une permanence H24 de la force publique.

La géopolitique du maillage : Fokoué, verrou de sécurité de la Menoua

Cette implantation n'est pas un acte isolé, mais le maillon d’une stratégie globale de maillage territorial impulsée par le Gouverneur de la région de l'Ouest. Cette doctrine sécuritaire a déjà guidé la création du poste de police de Tonga en 2021 (verrou d'entrée de la région) et celui de Babadjou en 2023 (verrou de sortie vers le Nord-Ouest).

À Fokoué, l'ouverture du poste de sécurité publique fait suite à l'installation préalable d'un poste d'identification et d'un élément de liaison des renseignements généraux. Elle préfigure la mutation prochaine de cette unité en un Commissariat de sécurité publique, indispensable pour stabiliser cette zone agricole en plein essor.

Le Radar de Komiaza

- La Leçon à tirer : L'inauguration du poste de police de Fokoué démontre que la sécurité des territoires ruraux au Cameroun ne dépend plus des plans triennaux de Yaoundé, mais du dynamisme de l'élite locale. Voir un député (Pierre Marie Tikobau), une mairie (Adrienne Demenou Tapamo) et un opérateur privé (Serges Noutcha) s'associer pour loger, meubler et informatiser la police nationale est une formidable leçon de coproduction de la sécurité. La Sûreté Nationale n'a eu qu'à envoyer les hommes et les armes. C'est le modèle à dupliquer dans tous les arrondissements oubliés par la carte administrative pour extirper le grand banditisme des campagnes.

- Le Débat Komiaza : Face à l'efficacité du modèle de Fokoué où la communauté finance les infrastructures de la police, la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN) doit-elle contractualiser systématiquement avec les communes pour accélérer l'ouverture des commissariats ruraux au lieu d'attendre les financements centralisés de l'État ?

Par Augustin Roger Momokana