Le président du Conseil constitutionnel du Cameroun, Clément Atangana, est décédé ce dimanche 4 octobre 2026 à Paris, en France, des suites de maladie. Âgé de 85 ans, ce pilier du système judiciaire camerounais s'éteint un an après avoir validé les résultats de la dernière élection présidentielle.
Un demi-siècle au cœur de l'appareil judiciaire
Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyek, Clément Atangana intègre la magistrature en 1968. Durant sa longue carrière, il occupe presque tous les postes stratégiques : juge d'instance, procureur général près les cours d’appel du Nord puis du Centre, et conseiller à la Cour suprême.
Spécialiste des questions électorales, il dirige de 1997 à 2014 la commission nationale de recensement général des votes. Après un bref passage au barreau à la suite de sa retraite administrative, il est rappelé au sommet de l'État le 7 février 2018 pour devenir le tout premier président du Conseil constitutionnel.
L’arbitre contesté du contentieux électoral
À la tête de la haute juridiction, son mandat reste profondément marqué par la gestion des crises post-électorales. Sous sa direction, les requêtes déposées par l’opposition politique sont quasi systématiquement déclarées « irrecevables ».
Cette fermeté institutionnelle a nourri de vifs débats sur l'impartialité de l'institution. Au lendemain du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, une vidéo privée devenue virale avait suscité l'indignation de l'opposition. On y voyait le haut magistrat déclarer à ses proches dans son salon :
« Je suis content que vous vous réjouissiez à la fois du travail fait par votre père et la victoire de votre candidat ».
Un héritage lourd et une succession ouverte
Pour l'avocate et femme politique Me Michèle Ndoki, le bilan de l'illustre défunt mérite un examen critique : « Le Conseil, sous sa présidence, a-t-il offert aux Camerounais un moyen efficace de contester le pouvoir présidentiel, ou a-t-il protégé ce pouvoir de tout contrôle ? »
Alors que la classe politique s'interroge déjà sur le choix du futur titulaire que devra nommer le chef de l'État, la transition immédiate s'organise. Conformément aux règles internes de l'institution en cas de vacance, l'intérim est assuré par le doyen d'âge de la juridiction, le professeur Paul Nchoji Nkwi, anthropologue et membre du Conseil depuis 2018.
Augustin Roger Momokana







