Le CATI²-UDs a servi de cadre ce jeudi 6 août 2026 à la présentation du projet IYBA WE4A. Devant une quarantaine de femmes entrepreneures venues des quatre coins de la région de l'Ouest, cette initiative internationale a dévoilé ses ambitions : incuber, financer pour autonomiser 90 femmes responsables engagées dans l’économie verte.
Une alliance internationale au service des entrepreneures de l'Ouest
Le projet IYBA WE4A (Investir dans les jeunes entreprises en Afrique : Femmes Entrepreneures en Afrique) est une initiative conjointe d'envergure. Portée par l'Union européenne, l'OACPS et le BMZ allemand, elle est mise en œuvre par la Fondation Tony Elumelu et la GIZ. Déployé en Ouganda ainsi que dans trois pays francophones (Sénégal, Togo, Cameroun), le projet trouve son ancrage dans la région de l’Ouest grâce au bras séculier du CATI²-UDs (Centre d'Appui à la Technologie, à l'Innovation et à l'Incubation de l'Université de Dschang), sous l'appui technique et financier de la GIZ.
Présidée à l’Auditorium Honorable Joseph Fodjo par le Professeur Martin Tchamba, coordonnateur du CATI²-UDs et représentant personnel du recteur, la cérémonie a réuni le délégué départemental du MINPMEESA et des experts de la GIZ. À terme, 90 femmes entrepreneures de la région seront sélectionnées par appel à candidatures pour suivre une incubation intensive de dix jours. L'objectif ? Renforcer l'inclusion financière, l'équité des genres et l'autonomisation économique.
Briser les pesanteurs sans renier les responsabilités
Le CATI²-UDs, opérationnel depuis 2017 sous la houlette de son coordonnateur Professeur Tchamba Martin, affiche un bilan solide de plus de 145 startups créées. Fort de cette expérience, le conseiller technique, le Dr Romary Ngnipa, a exposé les obstacles majeurs liés à l'entrepreneuriat féminin : le mariage, la maternité ou encore le poids de la foi.
Le prisme du projet est cependant clair et réaliste : il ne s'agit pas de façonner de simples « femmes fortes » déconnectées de leur environnement, mais bien de former des femmes entrepreneures responsables, capables d'assumer harmonieusement leurs rôles d'épouses, de mères et de chefs d'entreprise.
Des « Success Stories » pour dompter le mythe du patronat
La rencontre a été rythmée par des partages d'expériences marquants, rappelant que l’entrepreneuriat est un chemin de résilience jalonné d'échecs formateurs :
- Gaétan Zeufack (Zek Agri) a brisé un mythe en rappelant que le rêve de « devenir son propre patron » s'efface vite devant la réalité du marché : les véritables patrons de l'entrepreneur restent ses fournisseurs et ses consommateurs.
- Adélaïde Mingo (Era Trade Plc), spécialisée dans l'agribusiness et l'exportation, a proposé son entreprise comme un pont direct vers les marchés extérieurs pour les productrices locales.
- Jacqueline Kamsu (LEICKY), reine du recyclage écologique, a fasciné l'audience en montrant comment transformer des déchets en bijoux et sacs à main de luxe, tout en créant des emplois permanents.
« Je ne suis plus la même personne »
Venues de Foumban, Bandja, Fondjomekouet, Bameka, Bafoussam, Banyangam, Fokoué et Dschang, les participantes ont clôturé la journée par une plateforme d'exposition de leurs produits. Le sentiment de transformation était palpable, résumé par ce témoignage poignant recueilli par Komiaza : « Je ne pouvais pas dire où j’allais, maintenant je peux dire qu’au moment où je retourne chez moi, je ne suis plus la même personne ».
En attendant l'ouverture officielle de la phase de formation, ces femmes sont reparties convaincues que les 90 chanceuses sélectionnées pour la phase d'incubation et de mentorat auront droit à une multitude d'enseignements théoriques et pratiques notamment sur le développement de l'idée du projet, le marketing, la communication, le leadership, le réseautage, le développement du projet, etc., le leviers de leur émancipation.
Par Augustin Roger Momokana







