Menoua : Sans mystère sur son âge, le sous-préfet de Dschang coupe son 58e gâteau sur les médias.

Menoua : Sans mystère sur son âge, le sous-préfet de Dschang coupe son 58e gâteau sur les médias.

Dans un paysage socio-politique camerounais où l'âge des hauts commis de l'État relève du secret de polichinelle et des éternels « un an de plus », le chef de l'administration de l'arrondissement de Dschang brise les codes de la rétention d'information. Le lundi 20 juillet dernier, dans l'intimité de son cabinet, le sous-préfet Max Mbella Edjenguele a soufflé sur sa 58e bougie entouré de ses collaborateurs et des professionnels des médias. Cette célébration, décalée de quarante-huit heures après sa date de naissance réelle, pose une question de fond sur la nature des relations entre l'autorité administrative et une presse locale oscillant entre accompagnement citoyen et risque de domestication.

En Bref

- (Le Fait) : Célébration sobre et conviviale du 58e  anniversaire du sous-préfet de Dschang avec le corps médiatique.

- (Le Lieu/La Date) : Services de la Sous-préfecture de Dschang, le lundi 20 juillet 2026.

- (Le Chiffre clé) : 5 années de collaboration ininterrompue depuis la prise de fonction du chef de terre en novembre 2021.

-  (L'Enjeu) : Maintenir l'indépendance critique du quatrième pouvoir face à la politique de la main tendue des autorités déconcentrées.

- (L'Impact direct) : Consolidation d'un partenariat public-médias pour le rayonnement des piliers universitaires et économiques de Dschang.

Transparence de l'âge : Un administrateur civil hors des sentiers battus

Au Cameroun, la date de naissance des autorités est une donnée sensible, souvent masquée par les artifices du protocole. Max Mbella Edjenguele, Administrateur civil principal, s'encombre peu de ce superflu. Né un 18 juillet, c'est en toute transparence qu'il assume ses 58 ans.

Pour marquer le coup, l’autorité a convié la presse locale au cœur de son commandement pour une coupure de gâteau sobre mais hautement politique. En invitant les journalistes dans son sanctuaire administratif, le sous-préfet n'organise pas seulement un anniversaire ; il met en scène la proximité d'une autorité déconcentrée avec les relais de l'opinion publique.

La stratégie de la séduction : Les invitations officielles comme marque d'estime

Depuis sa nomination le mardi 2 novembre 2021, Max Mbella Edjenguele applique une méthode managériale inclusive envers les professionnels de l'information. Sous sa gouvernance, l’accès aux tribunes des cérémonies officielles (11 février, 20 mai) n'est plus un parcours du combattant mais un droit garanti par des invitations formelles.

Cette politique de la porte ouverte flatte les professionnels de l'information et légitime leur rôle dans la cité. Face à cette marque d’estime constante, le reporter doit cependant veiller à ne pas confondre la convivialité administrative avec une alliance organique qui neutraliserait sa liberté de ton.

L'ancien de la corporation : La culture de l'échange via l'arène numérique

L'aisance du sous-préfet avec les médias s'explique par son propre parcours académique et professionnel. Avant d'intégrer les bancs de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), l'homme a lui-même arpenté les couloirs de l'information dans les années 90. Cette fibre journalistique refait surface dans le forum de discussion numérique qu'il a lui-même initié :

Arrivée en 2021 et pacte de terrain Création d'un forum d'échange direct Rappels déontologiques réguliers

Résultat : Un espace d'incubation citoyenne où l'autorité cohabite avec le quatrième pouvoir.

« Vous représentez le quatrième pouvoir. Ne sous-estimez jamais votre rôle », martèle-t-il régulièrement pour doper le sérieux de ses interlocuteurs.

Le pacte de Dschang : Promouvoir la diversité pour doper l'économie locale

Au-delà de la coupe de champagne et des cadeaux échangés, cette rencontre rappelle les défis structurels de l'arrondissement de Dschang. Cette unité administrative repose sur des socles lourds : l'enseignement supérieur universitaire, le commerce de gros, l’artisanat d'art, l’agriculture de rente et le tourisme de montagne.

Pour valoriser ce terroir de la diversité et cette terre d’hospitalité, l'autorité administrative a besoin de la puissance de frappe de la presse portative. Les journalistes restent les architectes majeurs du rayonnement de la cité, chargés de documenter les performances locales tout en interpellant l'autorité lorsque les services publics fléchissent.

Le Radar de Komiaza

- La Leçon à tirer : Les 58 ans de Max Mbella Edjenguele célébrés avec la presse démontrent qu'un administrateur civil issu de la corporation médiatique maîtrise mieux les leviers de l'opinion qu'un chef de brigade classique. En transformant les journalistes en « membres de la famille », le sous-préfet pacifie son unité administrative. La presse de Dschang doit savourer cette hospitalité républicaine sans jamais oublier que le gâteau d'un sous-préfet ne doit pas acheter le silence du quatrième pouvoir.

- Le Débat Komiaza : Face à la complicité affichée entre l'autorité préfectorale et les journalistes à Dschang, ce modèle de proximité favorise-t-il la transparence républicaine ou constitue-t-il une stratégie de communication subtile pour endormir la vigilance critique des médias locaux ?

Par Augustin Roger Momokana, avec Michel Jotsa officiel