Dschang : l’ISH-TIC ouvre ses portes pour capter la ruée des bacheliers vers les filières BTS.

Dschang : l’ISH-TIC ouvre ses portes pour capter la ruée des bacheliers vers les filières BTS.

Face à l'évolution des ambitions académiques des bacheliers dans le département de la Menoua, les structures d'apprentissage doivent impérativement calquer leur offre sur les attentes du public. Le mardi 14 juillet dernier, l’Académie Hôtelière & TIC de Dschang a reçu une commission d'inspection du ministère de l’Enseignement Supérieur (MINESUP) conduite par Mme Akombi née Enow Natalia. L'enjeu de cette visite de conformité : acter la naissance de l’Institut Supérieur de l’Hôtellerie, des Technologies de l’Information et de la Communication (ISH-TIC). Une greffe académique indispensable pour ouvrir le cycle BTS dès octobre 2026 et absorber les candidats en quête du statut de technicien supérieur.

En Bref

- (Le Fait) : Inspection officielle de conformité du MINESUP pour l'autorisation d'ouverture de l'IPES ISH-TIC.

- (Le Lieu/La Date) : Campus de l’Académie Hôtelière & TIC à Dschang, le mardi 14 juillet dernier.

- (Le Chiffre clé) : 4 filières majeures lancées à l'assaut du marché universitaire par le nouvel ISH-TIC.

- (L'Enjeu) : Structurer une offre de l'enseignement supérieur pour satisfaire la forte demande des parents pour le BTS.

-  (L'Impact direct) : Obligation d'installer des studios médias et des plateaux techniques réels avant la rentrée.

Le diagnostic du béton : Une qualité immobilière validée à l'unanimité

L’évaluation menée par la délégation du MINESUP — au sein de laquelle siégeaient également Mmes Eza et Ngo Het — a soumis l’ambition du promoteur Bernard Goufak à un examen rigoureux. Les inspectrices ont parcouru l'ensemble des installations du campus : salles de cours, laboratoires informatiques, bureau des enseignants, salle des serveurs, cuisine pédagogique et chambres témoins.

Sur le plan strictement immobilier, le site a fait l’unanimité par son calme et sa propreté irréprochable. Mais la commission a immédiatement rappelé un principe fondamental du MINESUP : la qualité du bâtiment ne suffit pas à décréter la viabilité d'un Institut Privé d’Enseignement Supérieur (IPES). L'esthétique des locaux doit impérativement s'adosser à des équipements spécifiques.

L'injonction pratique : Le MINESUP refuse les diplômes virtuels de journalisme

La charge la plus lourde de la commission a ciblé le manque d'équipements spécialisés dans les filières de communication et de gestion du territoire. Mme Akombi née Enow Natalia s'est montrée intraitable face au promoteur : l'ISH-TIC doit se doter, en interne, d'un dispositif technique complet pour la pratique du journalisme. L'administration refuse que les étudiants calquent leur apprentissage sur de simples stages extérieurs chez les partenaires.

De même, la filière Tourisme a été sommée de créer des pôles d'attractivité et d'immersion directement sur le site. L’injonction ministérielle trace une feuille de route claire :

Infrastructures hôtelières validées Installation de vrais studios de journalisme Pratique interne obligatoire

Résultat : Fin du chômage intellectuel et formation de techniciens immédiatement opérationnels.

L'alignement sur la demande : Le BTS comme réponse aux exigences des familles

Le grand basculement opéré par l'établissement met en lumière une mutation sociologique majeure sur le marché de l'éducation à l'Ouest. Alors que le centre de formation professionnelle initial sous la tutelle du MINEFOP peine à attirer face au désamour des jeunes pour les cycles courts, la demande pour le cycle académique du BTS est en explosion continue.

Les parents et les élèves exigent un titre universitaire valorisant et porteur d'avenir. En ouvrant l'IPES ISH-TIC sur les fondations de l'Académie hôtelière, le promoteur Bernard Goufak choisit de coller au plus près des aspirations réelles des bacheliers. Il s'agit de capter et de formaliser cette ruée vers l'enseignement supérieur en offrant un cadre de formation de haut niveau.

Le sprint d'octobre 2026 : Le défi logistique du Génie informatique

L'autorisation provisoire de création et d'ouverture en vue de la rentrée d'octobre 2026 impose une pression logistique immense à l'exécutif de l'institut. Le catalogue des filières est ambitieux : Hôtellerie et Restauration, Tourisme, Journalisme et communication, et enfin Génie informatique.

Pour obtenir l'onction définitive du ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, le promoteur a promis d'apporter une réponse ultra-rapide aux manquements techniques relevés. L'ISH-TIC doit prouver qu'il dispose des laboratoires nécessaires pour transformer cette forte demande des familles en un véritable pôle de performance technique. « Il s’agit d’un détail et tout sera régler dans les prochains jours », a promis Bernard Goufak à la commission Mme Akombi née Enow Natalia.

Le Radar de Komiaza

- La Leçon à tirer : La naissance de l'ISH-TIC à Dschang démontre la puissance de la volonté populaire sur l'offre éducative. Lorsque les familles font le choix massif du BTS, les structures privées doivent s'arrimer au logiciel universitaire. L'inspection du 14 juillet démontre que l'État soutient cette dynamique, à condition que les promoteurs transforment leurs campus en véritables usines à compétences pratiques pour que le diplôme réponde aux réalités du marché de l'emploi.

- Le Débat Komiaza : Face à la ruée des familles vers le BTS pour obtenir un statut de Technicien Supérieur, l'économie de la Menoua ne risque-t-elle pas de se retrouver saturée de managers de bureaux alors qu'elle a un besoin urgent d'Ouvriers Spécialisés de terrain pour faire tourner ses hôtels et ses technologies ?

Par Augustin Roger Momokana