Face à la prolifération des chantiers hors normes, l'exécutif municipal passe à l'action. Une table ronde s'est tenue ce mardi 23 juin 2026 à l’hôtel de ville pour ouvrir une concertation directe entre les autorités, les acteurs de l'immobilier et les chefs traditionnels. L'objectif est d'accélérer l'accès aux actes d'urbanisme tout en consolidant le système de salubrité de la cité universitaire.
Un guichet unique pour formaliser l'immobilier
Le constat est clair : l'anarchie urbaine doit être jugulée. Pour y remédier, le Délégué départemental du Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINDUH) a rappelé la stricte réglementation. Aucun édifice ne doit sortir de terre sans l’un des actes officiels obligatoires : titre foncier, certificat de propriété, permis de bâtir, permis d’implanter (pour les matériaux provisoires) ou autorisation de démolir.
Pour simplifier les démarches, la mairie déploie un dispositif exceptionnel à travers un guichet unique de facilitation et de coordination, confié à Sanu Eric Leonel Neba (4e adjoint au maire) :
- L'annulation des pénalités : Les 30 % d'amendes infligés aux contrevenants sont totalement suspendus jusqu'en décembre 2027.
- Des délais d’attente raccourcis : Le circuit de traitement est accéléré pour inciter à la régularisation volontaire.
Le maire par intérim, le Pr Émile Temgoua — dont le statut attend d'être définitivement validé par la session du conseil municipal que convoquera le Préfet de la Menoua —, a annoncé que la municipalité ambitionne d'imposer des plans architecturaux prédéfinis le long des axes majeurs de la ville.
Résilience et salubrité : La précollecte participative passe à la vitesse supérieure
Le volet de l'urbanisme s'accompagne d'une réorganisation rigoureuse de l'assainissement, dans un contexte marqué par la résilience. Après l'incendie criminel des trois camions de ramassage de la commune lors de la crise post-électorale, la ville réinvente son modèle :
- Axe principal : Les camions rescapés ou réaffectés opèrent sur la ligne reliant la station-service BOCOM à l'agence Avenir Voyages.
- Quartiers et axes secondaires : La précollecte est assurée par une dizaine de tricycles, renforcée par l'annonce de l'acquisition de nouveaux équipements et l'association de la société civile spécialisée en environnement.
- Pérennisation du service : Après une phase expérimentale à 500 FCFA, la contribution mensuelle passe à 1 000 FCFA par ménage (y compris pour les étudiants), donnant droit à un calendrier fixe de ramassage.
Loin de susciter l'opposition, cette dynamique bénéficie d'une union sacrée. Les chefs traditionnels sont pleinement mobilisés aux côtés de la mairie, et le projet a reçu les encouragements du Préfet de la Menoua, qui a personnellement effectué une visite de terrain quelques jours plus tôt pour saluer le travail de l'exécutif communal.
Le radar de Komiaza : L'union sacrée pour reconstruire Dschang
Le radar de Komiaza salue cette initiative qui administrativement et socialement fait corps. Voir les chefs traditionnels, les entrepreneurs, les autorités préfectorales et l'exécutif municipal s'accorder sans voix discordante autour de la table est le signe d'une maturité citoyenne remarquable. Dschang, meurtrie par la perte de ses camions de salubrité lors des tensions post-électorales, refuse de capituler face à l'insalubrité et au désordre urbain.
L'évolution de la taxe de précollecte de 500 à 1 000 FCFA n'est pas une charge arbitraire, mais le prix de la résilience pour intégrer la société civile environnementale et étendre la flotte de tricycles dans les quartiers enclavés. La mise en place du guichet unique, sous la coordination du 4e adjoint, n'est pas un outil de traque fiscale, mais un parapluie d'accompagnement pour les citoyens.
Le véritable défi reste celui de la constance. Maintenant que le Préfet a adoubé la méthode sur le terrain et que les chefs de villages portent le message dans leurs communautés, Dschang montre la voie : celle d'une cité qui panse ses plaies par l'action collective, en attendant que les arbitrages légaux confirment définitivement l'élan de son exécutif.
Par Augustin Roger MOMOKANA







