FIFA World Cup 2026 : Le grand fiasco diplomatique avant le lancement de la compétition.

FIFA World Cup 2026 : Le grand fiasco diplomatique avant le lancement de la compétition.

Alors que le Canada et le Mexique s’apprêtent à célébrer la fête du football mondial, les États-Unis de Donald Trump multiplient les incidents diplomatiques à la veille du coup d’envoi qui oppose le Mexique à l’Afrique du Sud à 15h, au Mexico City Stadium. En privant arbitrairement de visa le Somalien Omar Abdulkadir Artan — pourtant sacré meilleur arbitre d'Afrique —, Washington impose ses obsessions politiques au sport roi. Regard sur un Mondial à 48 où les logiques financières et les diktats politiques des grands capitalistes ont définitivement mis le beau jeu hors-jeu.

Julius Sello Malema a identifié les plaies (original en anglais, traduit en français) de la FIFA World Cup 2026 aux États-Unis. Voici ce qui s'est passé à la Coupe du Monde 2026 ces dernières 48 heures :

- Le cas Breel Embolo : Le visa du footballeur suisse a été soumis à un examen approfondi, ce qui l'a empêché de rejoindre son équipe nationale que plusieurs jours plus tard.

- Interrogatoire musclé pour l'Irak : Le joueur de l'équipe nationale irakienne, Aymen Hussein, a été retenu pendant près de 7 heures pour interrogatoire à son arrivée aux États-Unis.

- La délégation iranienne amputée : L'équipe nationale iranienne a passé plusieurs jours à gérer les formalités de visa au consulat américain en Turquie. Les États-Unis ne les ont autorisés à entrer sur le territoire que les jours de match. Pire encore, quinze membres de la délégation officielle se sont vu refuser leur visa.

- L'affront fait à l'arbitrage africain : Omar Abdulkadir Artan, élu meilleur arbitre africain de 2025 par la CAF, s'est vu refuser son visa. Malgré son passeport diplomatique, l'entrée aux États-Unis lui a été interdite et il a été refoulé. La FIFA a par la suite annoncé qu'il ne pourra pas officier pendant le tournoi.

- Retard forcé pour l'Afrique du Sud : L'équipe nationale sud-africaine est arrivée sur le sol américain beaucoup plus tard que prévu, car une partie importante de sa délégation n'a pas obtenu de visa à temps.

- Fouilles humiliantes pour le Sénégal : Des membres de l'encadrement technique de l'équipe nationale du Sénégal ont été contraints d'enlever leurs chaussures et ont été soumis à de longues fouilles zélées, suscitant de vives accusations de racisme.

- L'Ouzbékistan face aux chiens détecteurs : L'équipe nationale d'Ouzbékistan a été fouillée à l'aide de chiens détecteurs d'explosifs ; les images de cette inspection ont immédiatement provoqué un tollé sur les médias internationaux.

- Révocation de l'ESTA pour les Écossais : Certains supporters écossais, pourtant initialement éligibles à l'exemption de visa grâce au programme ESTA, ont vu leur autorisation de voyage purement et simplement révoquée quelques jours avant leur départ.

- Pertes financières pour les supporters du monde : De nombreux supporters étrangers ayant déjà acheté leurs billets de match et réservé leurs hébergements ont vu leur demande de visa rejetée au dernier moment, entraînant de lourdes pertes financières.

Le regard de Komiaza : La FIFA face à son échec éthique

La FIFA a d'ores et déjà échoué. En maintenant coûte que coûte les États-Unis comme pays hôte principal du Mondial 2026, l'instance faîtière du football mondial cautionne une politique américaine discriminatoire, camouflée sous le voile de la "sécurité nationale". Cette décision arbitraire, qui brise les rêves de millions de fans de football à travers la planète, constitue une véritable capitulation éthique dictée par la complaisance de la fédération internationale. Le football ne devrait jamais être l'otage des frontières et du racisme systémique.

« Il n'y a personne de plus officiel que l'arbitre, et si un pays refuse l'entrée à un arbitre, il ne faudrait pas organiser la Coupe du monde dans un tel pays. » Joseph Blatter est un ancien président de la FIFA.

Texte de Julius Sello Malema / Introduction et conclusion par Augustin Roger Momokana

À propos de l’auteur :

Julius Sello Malema, né le 3 mars 1981 à Seshego (dans l'ancien bantoustan du Lebowa), est un homme politique sud-africain de premier plan. Membre des pionniers du Congrès National Africain (ANC) dès 1990, il devient président de la ligue de jeunesse de l'ANC en 2008 avant de fonder le parti des Combattants pour la liberté économique (EFF).