Journée de l'enfant dans la Menoua : Dix mesures urgentes pour sanctuariser les droits des moins de.
Journée de l'enfant dans la Menoua : Dix mesures urgentes pour sanctuariser les droits des moins de 21 ans. A 21 ans, on ne parle plus d’enfants, mais des adultes.
À l’approche de la commémoration officielle du 16 juin, le département de la Menoua prend les devants pour sanctuariser les droits des plus jeunes. Ce vendredi 12 juin 2026, la salle de réunions de la délégation départementale des Affaires sociales à Dschang a vibré au rythme du lancement de la 36e édition de la Journée de l’enfant africain. Entre la sélection de nouveaux députés juniors, des ateliers pratiques d'assainissement et la formulation de recommandations capitales, la Menoua s'engage dans une riposte globale contre les violences, l'exploitation et la précarité sanitaire qui menacent son capital humain de demain.
Placée sous le thème international « L'eau, l'hygiène et l'assainissement dans les écoles : conditions essentielles à la réussite éducative et au bien-être des enfants », cette importante assise a réuni, sous la coordination de la déléguée départementale Solange Ngoupayou Yomba, des experts, des forces de l'ordre, des acteurs éducatifs, la société civile et les enfants eux-mêmes. L’événement s’est articulé autour de trois axes majeurs :
- La présentation des rapports des chefs de centres sociaux de Dschang, Fokoué, Fongo-Tongo, Nkong-Ni, Penka-Michel et Santchou, des agents spécialisés de la police, du Lycée technique de Dschang ;
- Une session interactive de questions-réponses pour sensibiliser directement les jeunes ;
- Un atelier pratique d’éducation au lavage des mains, animé par Georges Modeste Mekwui, représentant du maire de Dschang et directeur de l’Agence municipale de l’eau et de l’énergie (AMEE).
Ne pas soigner un mal en provoquant un autre
Si les intervenants sont restés unanimes sur l’impact nocif de la surexposition aux écrans et aux réseaux sociaux, les débats ont pointé du doigt les failles internes aux cellules familiales. Cependant, les participants ont invité à la nuance : clouer systématiquement tous les pères au pilori crée un sentiment de stigmatisation contre-productif. Pour la société civile, l'objectif est d'accompagner la famille plutôt que de la culpabiliser, rappelant que ce rendez-vous — institué en 1991 par l'OUA en mémoire du massacre des étudiants de Soweto en 1976 — doit demeurer une force de proposition stratégique.
Le point fort de la journée a été la sélection des nouveaux députés juniors du département :
- Metangmo Serge Ange Augustin (10 ans, classe de 6e au Lycée Classique de Dschang) ;
- Fonkou Tchinde Cabrel (11 ans, 2e Année MACO au Lycée Technique de Penka-Michel).
« J’ai une grande opportunité et je m’en saisis. Les sujets qui me passionnent sont l’accessibilité en eau potable et l’hygiène. Tout cela cause des maladies », a réagi avec maturité le jeune député junior Metangmo Serge.
Les 10 commandements de Dschang pour l'enfance
Pour freiner les dérives, l'assistance a validé dix recommandations urgentes :
1. Renforcer la vigilance communautaire pour détecter et signaler rapidement les abus.
2. Créer et consolider les structures d’écoute et de prise en charge des victimes.
3. Appliquer rigoureusement les lois et infliger des sanctions exemplaires aux violeurs et exploiteurs.
4. Intensifier la sensibilisation sociale sur les droits fondamentaux de l’enfant.
5. Promouvoir une éducation basée sur le respect, le dialogue et la non-violence.
6. Serrer les rangs entre les administrations, la justice, les forces de l’ordre et les organisations de la société civile.
7. Traquer l’exploitation économique des enfants, notamment le commerce ambulant dans les rues.
8. Garantir un accès universel à l’éducation, la santé, l’eau potable et l’assainissement.
9. Intensifier le dialogue direct entre parents et enfants au sein des ménages.
10. Doter d'urgence la ville de Dschang d’un Centre d’encadrement spécialisé pour enfants en difficulté.
Comme l'indique Jean Pierre Kenfack, représentant de l’association Action Social Humanitaire : « Protéger l’enfant est un investissement pour l’avenir. Cette responsabilité relève de chaque famille, chaque école, chaque institution et chaque individu ». En clôturant les travaux, la déléguée Solange Ngoupayou Yomba a martelé l'engagement de l'État : « Vous êtes au cœur de nos préoccupations. Votre voix compte et vos droits doivent être respectés en toutes circonstances ».
Le regard de Komiaza : L'eau et la sécurité, les deux urgences de la Menoua
Le thème de cette édition 2026 touche une corde sensible dans la Menoua. Parler d'hygiène et d'eau dans les écoles est une nécessité absolue dans un département où de nombreux établissements scolaires manquent encore de points d'eau potable fonctionnels et de latrines décentes. Pour Komiaza, l'engagement de l'AMEE doit rapidement se traduire sur le terrain par des infrastructures concrètes. De plus, la lutte contre le travail des enfants — visible à travers les jeunes vendeurs ambulants qui écument les artères de Dschang pendant les heures de cours — ne se réglera pas par de simples discours. Elle exige une synergie répressive entre la justice et les forces de l'ordre pour sanctionner la démission parentale. Nos enfants appartiennent à l'école, pas à la rue.
Par Augustin Roger Momokana







