Protection Civile : le 118 débarque à Dschang pour mettre fin à la dictature de la distance.

Protection Civile : le 118 débarque à Dschang pour mettre fin à la dictature de la distance.

Rien ne sera plus jamais comme avant. Dschang cesse d’être le spectateur impuissant de ses propres tragédies. Entre les brasiers ravageurs du Marché B et les carnages de la falaise, la cité a trop souvent compté ses morts en guettant un horizon désespérément vide, avec des secours basés à Bafoussam, à plus d’une heure de route. Ce temps de l'attente mortifère est révolu. Désormais doté d'une force d'intervention autonome, le chef-lieu de la Menoua s'arme enfin pour protéger son patrimoine et ses citoyens contre l'imprévisibilité du chaos. Plus qu'une simple dotation matérielle, c'est une réponse de souveraineté sécuritaire qui vient briser la dictature de la distance.

L’arsenal de la survie

Placé sous le commandement de l’Adjudant-Chef Etsana Calixte, le centre dispose désormais d’un parc automobile stratégique, réceptionné par le maire de Dschang en présence des autorités préfectorales : Un Fourgon Pompe Tonne (FPT) de 5 000 litres, véritable colosse contre les brasiers ; un Véhicule de Secours et d’Assistance aux Victimes (VSAV), bloc opératoire mobile pour les blessés ; et un Pick-up (VLHP) pour les interventions rapides en zones accidentées et escarpées.

Cette unité, rattachée à la 503e compagnie d’incendie de Bafoussam, prend ses quartiers à l’ancien garage administratif, un site réhabilité grâce à l'appui décisif de l’Honorable Mbakam Chouga Guillaume.

Le prix du retard : Quand Bafoussam arrivait trop tard

Pendant des décennies, Dschang a payé le prix fort de l'éloignement. Compter sur les secours basés à 52 km, c’était accepter de regarder, impuissant, le patrimoine et les vies s’envoler en fumée.

Le traumatisme de la Falaise : Comment oublier les carnages de la falaise de Dschang ? Lors du tragique accident de janvier 2021, les secours venus de Bafoussam avaient dû affronter la distance et le relief, laissant les survivants agoniser dans les flammes sous les yeux de passants terrifiés.

L'hécatombe du Marché B : Pas plus tard qu'en avril dernier, Area Assurance et sept ateliers de menuiserie ont été pulvérisés. Le temps de trajet des pompiers depuis la capitale régionale a transformé un début d'incendie en un brasier incontrôlable, chiffrant les pertes à des centaines de millions de FCFA.

Désormais, la proximité n'est plus un luxe, c'est un droit à la sécurité enfin recouvré. Le professeur Emile Temgoua s’en réjouit : « je suis l’homme le plus heureux. Dschang avait longtemps attendu ce précieux dispositif de lutte contre les risques et catastrophes. Nous disons infiniment merci au Chef de l’Etat », a-t-il réagi au reporter de Komiaza.

Un nouveau contrat social : Le réflexe "118"

Le service du Corps National des Sapeurs-Pompiers (Ministère de la Défense) est totalement gratuit. L’enjeu est maintenant pédagogique : la population doit apprendre à composer le 118 sans délai, mais surtout à ne jamais paralyser les secours par des appels fantaisistes. Les pompiers ne remplacent pas la solidarité citoyenne, ils la professionnalisent. Ainsi, en  cas de sinistre, ils encadrent les secouristes amateurs par leur expertise technique.

Le Radar de Komiaza

L’ouverture du centre de secours de Dschang est un acte de souveraineté locale. Elle met fin à cette « géographie de la mort » où la survie d'un accidenté de la falaise ou d'un commerce au marché dépendait de la fluidité de la route entre Bafoussam et Dschang. Soyons conscients que la sécurité est le premier moteur du développement : personne n'investit là où tout peut brûler en une heure. Ce qui se joue ici résonne partout ailleurs comme un signal de maturité de notre administration. Le monde nous regarde, et il voit une cité qui ne veut plus pleurer sur des décombres, mais agir avant que le chaos ne s'installe. À nous de protéger ceux qui, désormais, veillent sur notre sommeil.

Par Augustin Roger Momokana