L’ambition est désormais chiffrée et assumée. Sous l’impulsion du Ministre par intérim Gabriel Mbairobé, le Cameroun se lance à la conquête du marché mondial avec un objectif de 3,5 millions de touristes internationaux et 6 millions de voyageurs internes pour l'année en cours. Entre offensive diplomatique à Paris et Berlin et réhabilitation d'un patrimoine hôtelier moribond, la Stratégie Nationale de Développement (SND30) passe à la vitesse supérieure.
Les idées forces de la relance touristique :
- Offensive internationale : Les bureaux d’information de Paris et Berlin sommés de drainer chacun 1,5 million de touristes vers la destination Cameroun.
- Sauvetage du patrimoine : Un vaste plan de rénovation pour l'Ayaba Hôtel (Bamenda), le Centre Climatique de Dschang et le Centre d'accueil de Kribi.
- Développement nautique et hôtelier : Création de stations balnéaires à Lagdo et Maga, et de nouvelles structures à Kaélé.
- Diplomatie gastronomique : Protection de 14 plats nationaux, dont le Ndolé, auprès de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI).
- Partenariat stratégique : L'expertise du cabinet international Minerve Share and Grow sollicitée pour la valorisation et la restauration des sites.
Le réveil des bureaux d'information occidentaux
Pour atteindre ses objectifs, le Cameroun revitalise sa présence dans les grandes foires mondiales du voyage. Gabriel Mbairobé a été on ne peut plus clair : les représentations logées dans les mégalopoles européennes ont désormais une mission de captage intensif. Parallèlement, le gouvernement mise sur le tourisme domestique pour booster l'économie locale, encourageant les Camerounais à redécouvrir la densité de leur patrimoine culturel et naturel.
Réhabiliter pour séduire : Le cas du Centre Climatique de Dschang
L'un des chantiers les plus attendus concerne la remise en état du patrimoine hôtelier public, aujourd'hui marqué par une vétusté avancée. À Dschang, le célèbre Centre Climatique est au cœur des préoccupations. Alors que le site subit des rognements de superficie au profit de lotissements privés, l'État envisage de confier sa réhabilitation au cabinet Minerve Share and Grow. Ce partenaire, sous contrat avec le MINTOUL depuis septembre dernier, apporte une expertise rare en restauration et promotion de sites, indispensable pour redonner son lustre d'antan à ce joyau de la Menoua.
Formation, Protection et Contrôle
L'année 2026 marque aussi une accélération de la formation professionnelle avec la mise en service du Centre de Formation Public de Bertoua. Sur le plan de l'identité, la soumission de 14 fleurons de la cuisine camerounaise à l'OMPI vise à sécuriser le patrimoine immatériel face à la mondialisation. Enfin, pour assainir le secteur, les missions de contrôle seront intensifiées afin de traquer les "gangrènes" et les manquements aux normes qui freinent encore l'essor de la destination Cameroun.
Un potentiel "continent" à valoriser
Nul ne peut contester le caractère "Afrique en miniature" du pays. De la diversité des paysages du Grand Nord aux stations nautiques projetées à Lagdo et Maga, le Cameroun possède les atouts pour devenir une puissance touristique régionale. L'enjeu reste désormais la mise en œuvre rigoureuse des chantiers annoncés pour que les chiffres de la SND30 ne restent pas de simples projections statistiques.
Le Radar Komiaza
Atteindre 3,5 millions de touristes ne se fera pas avec des hôtels en ruines ou des sites spoliés. La réhabilitation annoncée du Centre Climatique de Dschang est un test majeur de crédibilité. Le partenariat avec le cabinet Minerve Share and Grow doit enfin transformer notre potentiel naturel en une industrie rentable et respectueuse du domaine public.
Par Augustin Roger MOMOKANA







