Entretien : Au micro de Jiaghou Jones, finaliste au Trophée de « Meilleur Animateur Radio » 2025.

Entretien : Au micro de Jiaghou Jones, finaliste au Trophée de « Meilleur Animateur Radio » 2025.

Animateur de talent et rédacteur en chef de Radio Nkwalah, Jiaghou Jones est une voix incontournable du département de la Menoua. Sa passion pour le débat contradictoire a fait de sa matinale, « Café Matin », un véritable ring d’idées où l’éloquence dispute le terrain à la pertinence. Pourtant, qu'il s'agisse des auditeurs en ligne ou des invités en plateau, l'échange se conclut toujours dans la convivialité, comme autour d'un café partagé.

Nominé parmi l'élite aux Awards de la Presse Territoriale dans la catégorie « Meilleur Animateur en langue officielle », ce stratège de l'antenne s’est confié à Komiaza sur son parcours et sa vision du journalisme de terrain.

Quel regard portez-vous sur cette première édition des Awards de la Presse Territoriale, dont vous êtes l'un des témoins privilégiés ?

Mon regard est extrêmement positif. C’est une initiative pionnière dans le département de la Menoua. Cet événement marque un tournant décisif pour la reconnaissance de nos métiers, qui ont trop souvent tendance à être relégués au second plan. Valoriser l'excellence locale, c'est redonner ses lettres de noblesse à l'information de proximité.

Le trophée du « Meilleur Animateur » vous a échappé cette année. Quelle leçon tirez-vous de cette finale ?

Je retiens que la constance, la persévérance et la résilience sont les seules clés du succès. Ce n'est pas un échec, c'est un moteur. Pour la prochaine édition, je compte redoubler d'ardeur et faire évoluer mon style pour porter encore plus haut les standards de mon émission. Le travail continue.

Lors du Sinotables Media Day, l'accent a été mis sur la révolution numérique des radios locales pour rester des « médias chauds ». Comment Radio Nkwalah compte-t-elle relever ce défi ?

Nous sommes en pleine mutation. Pour conquérir les auditeurs équipés de smartphones, Radio Nkwalah opère une transition stratégique de la « radio-audio » vers la « radio-vision ». Nous déployons des plateformes numériques pour briser les limites de la fréquence FM. L'objectif est de capter la jeune génération et de maintenir le lien avec notre diaspora, qui peut désormais nous suivre et interagir avec nous par-delà les frontières.

Quelle est la place réelle du « Club des Auditeurs » dans la vie de votre station ?

L'auditeur est le pilier central. Une radio n'existe que parce qu'elle est écoutée. Notre Club des Auditeurs ne se contente pas de nous suivre : il participe activement à la vie éditoriale. En proposant des idées et en alimentant l'interactivité, ils entretiennent cette flamme indispensable entre le studio et la cité.

Un appel a été lancé pour créer une Association des Journalistes des Territoires. Quel rôle comptez-vous y jouer et quelle serait sa mission prioritaire ?

C’est une nécessité absolue. Je n'hésiterai pas à m'impliquer personnellement pour contribuer à sa mise sur pied. Pour moi, la mission prioritaire de cette organisation doit être double : la défense des droits et la valorisation des journalistes de la Menoua. Nous devons nous structurer pour mieux servir notre territoire et protéger notre profession.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA