Le rideau est tombé sur la 4ème édition du Festival International Reconnection (FIR) à l’Alliance Franco-Camerounaise. Entre spectacles de haute facture, joutes traditionnelles et réflexions profondes, l’événement porté par Dieuzyl (Basile Temdieu) et l’association ASCODI s’est imposé comme le rempart nécessaire contre la déliquescence des valeurs. Pour Komiaza, ce festival n’est plus une simple festivité, mais une urgence politique et sociale pour la sauvegarde des racines africaines.
Les idées forces de la reconnection culturelle :
- L’urgence du retour aux sources : Face à la "guerre des cultures", la reconnexion aux traditions mères doit devenir une priorité des politiques nationales.
- Le duel dynastique au Kwakwa : Une compétition de lutte épique illustrant la résistance du Prince héritier face à l'obstination d'un Régent usurpateur.
- La performance comme dénonciation : De l'humour du Grand-Nord à la danse contemporaine, les artistes ont fustigé les divisions qui ravalent la société camerounaise.
- La sagesse du passé pour le présent : L'exposition d'art appelle à "télécharger" l'héritage ancestral pour stabiliser le système d'exploitation du monde moderne.
Le duel pour le trône de Kwakwa : La lutte comme miroir social
Le moment le plus saisissant de cette édition fut sans conteste la grande compétition de lutte traditionnelle. Près d'une vingtaine de compétiteurs ont redonné vie à une intrigue politique universelle : la reconquête du trône du village Kwakwa. Le public a vibré devant le combat du Prince héritier face à un Régent sémillant, résolu à ne pas céder le pouvoir. Au-delà de l’effort physique, cette mise en scène a brillamment illustré les tensions de légitimité qui secouent nos chefferies et nos institutions. Une démonstration de force qui rappelle que le pouvoir, sans la bénédiction du sang et de la tradition, n'est qu'une usurpation.
Une programmation résiliente face aux caprices de la nature
Malgré une météo assez discourtoise, la ferveur n'est pas retombée. Le défilé de l’école MOD’ART, l’humour piquant de Petit Patron venu de l’Extrême-Nord, et la performance époustouflante d'Eric Yakana ont marqué les esprits. Les artistes musiciens (Kod’Arts Mboa, Ricky Bosman, Najsoul) et la sémillante compagnie congolaise Kangou Na Vumbuka ont littéralement "arraisonné" la pluie au son des tams-tams et des clochettes. Ces bruits sacrés ont permis de maintenir ouverts les stands d'exposition, prouvant que la culture est le meilleur abri contre les tempêtes, qu'elles soient climatiques ou sociales.
L’art plastique : Télécharger la sagesse ancestrale
Si les spectacles vivants ont pris fin, l’exposition d’art se poursuit sous le commissariat de Stanis Nandjio. Les œuvres des peintres Don Djazet et Dzuban, oscillant entre réalisme et abstrait, dialoguent avec les instruments de Jasmin Songouang. Le message est limpide : ceux qui abandonnent leur identité n'ont pas d'avenir. Pour bâtir une société apaisée, nous devons impérativement puiser dans le passé. Comme l'a souligné le commissaire, l'équilibre de notre cohabitation pacifique dépend de notre capacité à intégrer les codes de nos ancêtres dans nos vies contemporaines.
En conclusion
La rédaction de Komiaza félicite les organisateurs pour cette démonstration de force culturelle et adresse ses encouragements à la Compagnie d’Arts Dieuzyl. Que l'âme de ce festival continue de murmurer aux oreilles de ceux qui cherchent leur chemin. Les réflexions auxquelles ont pris part d’éminentes personnalités à l’instar de François Bingono Bingono n’ont pas dit le contraire.
Par Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
Festival International Reconnection (FIR) : le rendez-vous des ancêtres s’installe à Dschang.
Du 5 au 8 février, l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang deviendra le centre de gravité d’une quête spirituelle et culturelle profonde, accueillant des délégations venues du Tchad et des États-Unis.
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