Galim-Tignère : entre or pillé, sang versé et « magie noire », la cité en plein cauchemar.

Galim-Tignère : entre or pillé, sang versé et « magie noire », la cité en plein cauchemar.

Ce n’est plus une série noire, c’est une descente aux enfers. En moins de dix jours, la ville de Galim-Tignère est devenue l’épicentre d’une horreur qui défie la raison. Morts par balles, incendies dévastateurs, décès subits… Dans l’Adamaoua, les langues se délient : la ville serait-elle hantée par un esprit vengeur né du pillage de ses terres ? Pour Komiaza, si la force a tenté de faire taire la révolte, c’est aujourd’hui l’invisible qui semble demander des comptes.

Les idées forces du dossier « Galim-Gate » :

  • Le péché originel (21 janvier) : La révolte du village Goro contre des exploitants chinois qui pillent l'or local sans aucune retombée pour les populations.
  • Le massacre de Goro (22 janvier) : Trois civils tombent sous les balles des forces de l'ordre dépêchées pour mâter la colère populaire. Une autre victime, un enfant de 13 ans dont le visage avait été saccagé par la balle se trouverait hospitalisé au Nigéria où il a été référé.
  • Le châtiment par le feu (24 & 29 janvier) : Après le Sous-préfet et sa famille à Ngaoundéré, c'est la résidence du Commandant de Brigade de Galim qui est dévorée par les flammes en plein jour.
  • La mort subite du gendarme (31 janvier) : Un élément de la brigade s'écroule en pleine rue. Une fin aussi brutale qu'inexpliquée.
  • Mystique ou Politique ? : L'opinion publique s'interroge sur un lien direct entre la répression des anti-Chinois et ces disparitions en série des autorités locales.

Quand la terre d'Adamaoua répond au fer par l'invisible

« Galim c'est la magie », murmurent les internautes sur les réseaux de Nzui Manto. Pour beaucoup, la coïncidence est trop frappante. Après le sang versé à Goro, le feu s'est invité dans les résidences des chefs. Le Sous-préfet Patrice Joël Nariki, son épouse et trois enfants ont péri dans un brasier à Ngaoundéré. Quelques jours plus tard, c'est le Commandant de Brigade qui voit ses murs consumés. Ce 31 janvier, un gendarme en civil gare sa moto et s'écroule, rejoignant la liste des ombres.

À Galim, on ne plaisante pas avec le sacré. « C'est un milieu où si tu arrives, n'emmène pas tes comportements chaotiques », prévient un internaute qui connait trop bien le territoire. Dans cette cité où les abeilles s'invitent au salon pour passer un message, la force brutale semble avoir réveillé un esprit protecteur ou vengeur que les balles ne peuvent pas arrêter.

Le dialogue, seul rempart contre le chaos

Que l'on croie à la « magie noire » ou à une série de coïncidences tragiques, le constat reste politique : la répression des populations qui défendent leurs ressources naturelles a ouvert une plaie béante. Le pillage de l'or par des intérêts étrangers sous protection sécuritaire a créé un climat de haine.

Pour la rédaction de Komiaza, l'horreur que vit Galim-Tignère est le rappel brutal que la force ne résout rien. Seul le dialogue sincère et une répartition équitable des richesses permettront d'apaiser les cœurs- et peut-être les esprits. Si l'administration continue d'ignorer le cri de Goro, elle risque de se perdre dans un labyrinthe où même les uniformes ne protègent plus de la colère de la terre.

« Le phénomène « Nyangali » qui secoue Galim-Tignere est une sorte de justice mystique vengeresse qui s’exécute par des foudres, incendies, malaises mortels, etc. sur les coupables » Le Gnangouli dans le dialecte locale signifie « fou », c’est-à-dire agir sans mesure.

La Rédaction de KOMIAZA