Menoua: Budget 2026 de la Commune de Dschang : 3 milliards pour un sprint final sous haute tension..
Les conseillers municipaux de Dschang ont adopté, ce jeudi, l'enveloppe budgétaire pour l'exercice 2026. Équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 3 003 800 000 FCFA dont 1,841 milliard FCFA pour le fonctionnement et 1,161 milliard FCFA consacré à l’investissement ; ce budget, en chute libre par rapport aux 3,7 milliards de 2025, tente de sauver les meubles d'une « Mandature des Défis » bousculée par l'asphyxie financière. Mais derrière l'affichage des chantiers prioritaires, c'est une bombe sociale qui menace de paralyser à nouveau l'Hôtel de Ville de Dschang.
Les idées forces du budget de la « Résilience » :
- Le recul du géant : Avec une baisse de plus de 700 millions de FCFA par rapport à 2025, Dschang subit de plein fouet la crise de trésorerie nationale.
- Investissement sous perfusion : Seul un petit milliard (39%) est alloué aux chantiers, tandis que 61% de l'enveloppe est englouti par le fonctionnement.
- L’ombre du blocage social : La réunion du 28 janvier entre le Maire et les syndicats a échoué à rassurer sur l'apurement des arriérés de salaire.
- Le contraste des terroirs : Pendant que Dschang réduit la voilure, les communes rurales de la Menoua (entre 600 millions et 1,1 milliard) se battent pour leur simple survie infrastructurelle.
Un budget de « combat » dans un océan de dettes
Le Maire Jacquis Kemleu Tchabgou ne s'en cache plus : l'année 2025 a été un calvaire financier. En présentant un budget de 3 003 800 000 FCFA, l'exécutif communal joue la carte du réalisme imposé par Yaoundé. Si la priorité reste le désenclavement des groupements (Fongo-Ndeng, Foréké, Fossong-Wentcheng, Fotetsa et Foto) et le projet de Cité Municipale, la capacité réelle de réalisation interroge. En 2026, le défi ne sera pas de voter des lignes budgétaires, mais de trouver le cash nécessaire pour entretenir 52 lampadaires en panne ou construire le pont sur la rivière Ngui.
Malgré la réalité, le Maire Jacquis Kemleu Tchabgou entretient l’optimisme. La véritable bataille de 2026 ne se jouera pas sur le montant global du budget, mais sur le taux d'exécution des investissements. « Le niveau d’objectivité de la vision demeure très ambitieux », a martelé le Maire devant le 2e Adjoint préfectoral représentant le Préfet de la Menoua.
L’alerte rouge : Le personnel municipal au bord de l’implosion
C'est ici que le bât blesse. Malgré l'optimisme affiché devant le Préfet de la Menoua, le climat social à l'Hôtel de Ville est délétère. La réunion tenue le 28 janvier avec les leaders syndicaux n'a levé aucun nuage sur le paiement des arriérés de salaires. Les rumeurs d'un blocage imminent des services municipaux enflent dans les couloirs. Le personnel, acculé par la précarité, menace de suspendre le ramassage des ordures et les services d'état civil. La « Mandature des Défis » fait face à son test de crédibilité le plus brutal : peut-on construire des ponts quand ceux qui les surveillent ont le ventre vide ?
Faut-il le souligner ? Toutes les communes de la Menoua partagent un point commun en 2026 : une dépendance accrue vis-à-vis du Budget d’Investissement Public (BIP), qui s'élève à 2 031,2 milliards FCFA au niveau national. Les maires sont désormais contraints de multiplier les plaidoyers auprès du MINFI et du MINEPAT pour capter ces ressources, les impôts et taxes locaux étant jugés « considérables mais encore insuffisants » par l'exécutif de Dschang.
L'analyse de Komiaza : La fin du mirage de l'autonomie locale
Le passage du budget de 3,7 milliards en 2025 à 3 milliards en 2026 est l'aveu d'un système à bout de souffle. Dans la Menoua, cette chute de Dschang fait écho à la précarité des communes périphériques comme Santchou ou Penka-Michel, dont les budgets de « survie » dépendent à 85% d'un État central lui-même en difficulté. Ces communes misent davantage sur les micro-projets sociaux (eau, santé) avec l'appui attendu du FEICOM, dont le budget national est en hausse de 18 % pour atteindre 367,2 milliards FCFA en 2026.
Pour la rédaction de Komiaza, l'heure n'est plus aux grands discours sur l'innovation locale. Sans une résolution immédiate de la crise salariale, le budget 2026 ne sera qu'un document administratif de plus, incapable de freiner la dégradation des services publics. Le Maire doit désormais choisir : apaiser son personnel pour sauver son bilan, ou risquer de voir sa mandature s'achever dans le silence des bureaux fermés et le désordre des rues non éclairées.
Il va falloir finaliser les promesses de la mandature, recréer la confiance et l’harmonie entre l’exécutif municipal et les employés communaux. Même si la collaboration avec les autorités administratives pour le recouvrement des taxes est saluée, c'est surtout la capacité de la mairie à transformer ces 3 milliards en bien-être visible pour les populations qui déterminera si Dschang reste la capitale de l'innovation locale ou si elle succombe, elle aussi, à l'asphyxie financière nationale. L’Opposition n’est pas loin et elle s’organise pour chasser le RDPC qui, selon certains, n’a plus rien à prouver.
Par Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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