L’onde de choc diplomatique partie de la Maison-Blanche vient de frapper le continent africain avec une violence inouïe. À compter du 21 janvier 2026, les États-Unis activent une double tenaille migratoire : le gel indéfini des visas pour 75 pays et l’imposition d’une « caution de retour » pouvant atteindre 15 000 dollars (environ 9 millions de FCFA) pour les ressortissants de 23 nations africaines. Pour Komiaza, ce n’est plus de la diplomatie, c’est un chantage à la dignité.
La caution de 15 000 dollars : Le filtre par l'argent.
Le Département d’État (travel.state.gov) a tranché : désormais, voyager aux États-Unis devient un luxe réservé à une ultra-élite. Des pays comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Nigéria, le Gabon ou le Bénin sont désormais soumis à cette caution de 15 000 dollars. Cette somme, censée garantir le retour du voyageur, transforme le visa américain en un produit de luxe inaccessible au commun des mortels.
Cette mesure s'ajoute à la liste noire des pays purement bannis du traitement des visas d'immigrants, dont le Cameroun, la RDC et le Togo. Plus radical encore, le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont totalement proscrits, ces derniers ayant déjà anticipé le choc en adoptant le principe de la réciprocité diplomatique.
Une aubaine pour la lutte contre la corruption ?
Si l'on sort de l'indignation, cette décision de Donald Trump pourrait paradoxalement devenir une aubaine pour l'Afrique. Ces voyages coûteux vers les États-Unis étaient jusqu'ici l'apanage de la « haute classe » bourgeoise. En fermant ainsi les portes, Washington réduit drastiquement les occasions de fuite des capitaux et les séjours dispendieux financés par les deniers publics.
Pour Komiaza, cette restriction pourrait forcer nos dirigeants et nos élites à réinvestir localement. Moins de shopping sur la 5ème Avenue, c’est potentiellement plus de masse d'investissement dans nos propres structures. Si l'argent des détournements ne peut plus servir à s'offrir un exil doré ou des soins de luxe à l'étranger, peut-être servira-t-il enfin à construire ici ce qui nous manque.
La fin du mirage de l’Eldorado : L'appel au travail.
L’Union Africaine est aujourd'hui interpellée. Des voix s'élèvent pour exiger une « décision de réciprocité diplomatique » globale. Mais au-delà de la réponse politique, c'est une leçon de souveraineté que Trump administre aux Africains. Le message est clair : cessez de chercher l’Eldorado ailleurs.
Le défi pour l'Afrique de 2026 est de transformer ses propres terres. Les quatre piliers de l'exil — la santé, l'éducation, la démocratie et l'industrie — doivent être bâtis sur place. Si Donald Trump nous méprise au point de monnayer notre présence, répondons par le travail. Transformons nos universités, modernisons nos hôpitaux et développons nos industries. C'est l'unique voie pour que, demain, ce soit le monde qui cherche à obtenir un visa pour l'Afrique.
Le vrai coût de la dignité : investir ici plutôt que cautionner là-bas.
En exigeant 15 000 dollars à un Africain, Washington lui demande en réalité de financer le mur qui l'exclut, alors que cette somme représente un levier de développement phénoménal sur notre propre sol. Pour la rédaction de Komiaza, le calcul est implacable : ces 9 millions de FCFA, au lieu de dormir dans les coffres du Trésor américain, permettraient de réaliser deux forages industriels abreuvant 2 000 personnes, de construire un bloc de deux salles de classe pour cent vingt écoliers, ou encore de financer dix-huit micro-projets de jeunes entrepreneurs locaux. Si seulement un millier de citoyens renonçaient à cette caution humiliante pour investir chez eux, ce sont 9 milliards de FCFA qui irrigueraient l'économie nationale. Donald Trump nous force brutalement à regarder la valeur de notre argent et de notre dignité ; il nous appartient désormais de répondre à ce mépris par le travail et de bâtir notre propre prospérité, ici même, au cœur de l'Afrique.
Par Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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