Nigeria: 11 000 techniciens indiens recrutés pour faire tourner la raffinerie de Dangote.

Nigeria: 11 000 techniciens indiens recrutés pour faire tourner la raffinerie de Dangote.

On va laisser certaines personnes où pour changer l’Afrique ? Ils ne sont pas nés au pouvoir, on le leur a donné et ils l’ont confisqué au point d’en faire la nourriture de leur clan. Ils ne se font pas du mal, mais ils font du mal aux autres. Est-ce qu’ils ont faim ? Est-ce que si la nourriture fini au marché ils seront au courant ? Ils ne mangent pas ce que leurs compatriotes mangent. Ils envoient l’avion acheter tout pour eux chez les Blancs. Ils mangent la même chose que les Blancs ! On dit que par jour l’avion peut aller là-bas comme nous allons chez le boutiquier. Qui va me mettre à leur place afin que je puisse savoir si c’est une maladie qui les a attrapés ?  Dangoté, le milliardaire nigérian qui investit dans tous les pays africains là a fait fort. Mais ce n’est pas sa faute hein. Il voulait les gens compétents et le gros Nigéria que vous connaissez-là n’a personne. Quelqu’un construit son usine, pour la faire tourner  il a besoin de 11000 ouvriers qualifiés, il fouille tout le Gros Gros Nigéria que vous connaissez ne voit que 100 techniciens. Imaginez que vous étiez  sa place ! Je suis sûr que vous seriez en réanimation à l’hôpital !

C’est grave. Le mal est profond et mérite que l’on s’y penche. Ce que Martial Bissog qualifie de « SCANDAL AU NIGERIA : 11 000 Indiens pour travailler dans la raffinerie de Dangote ! » est une alerte aux dirigeants africains.

C’est un cri d’alarme lancé en direction des dirigeants africains et des promoteurs d’institutions universitaire par Martial Bissog. Le recrutement de 11 000 indiens par le milliardaire nigérian pour faire tourner sa nouvelle raffinerie dénonce l’échec du système éducatif nigérian.

Le constat est clair et amer.

« Les parents africains rêvent d’avocats, de docteurs, de députés…Rarement d’un mécanicien industriel, d’un électromécanicien, d’un technicien de maintenance, d’un ingénieur procédé. »

Le constat est amer. Les Blancs ne financent pas le développement de l’Afrique pour sortir le continent de la pauvreté et de la misère, mais pour l’enfoncer davantage. En regardant de près la Bible, il est clair que l’Afrique l’a adoptée et apprise par cœur. Par la suite, ces mêmes occidentaux ont traduit la Bible dans nos langues maternelles. Ils l’ont fait et le font encore afin que les Africains ne s’en séparent jamais. Ces mêmes Blancs qui possèdent toutes les technologies ont-ils un jour songés de les partager les Africains ? Ils les gardent pour eux. Généralement, les Africains qui retournent dans leurs pays après avoir étudié en occident sont les littéraires et les juristes et les autres spécialistes des sciences sociales. Très peu d’ingénieurs, de médecins retournent s’installer au pays. Cela n’est pas forcément une question du niveau de vie, mais une politique délibérée pour maintenir secrets les compétences qui permettent de transformer le monde.

Ainsi le géant africain est tributaire d’un système incapable de fournir une main d’œuvre technique pour les industries lourdes. Comment comprendre qu’en 2025, dans un pays de 235 millions d’habitants, il a été impossible de trouver plus de 100 techniciens spécialisés dans la raffinerie ? Dangote est allé chercher des indiens non pas parce qu’il n’aime pas ses compatriotes. Il les a recrutés parce que, en tant qu’investisseur, il avait besoin des techniciens aguerris, ceux dont le métier c’est faire tourner une raffinerie.

Prendre acte et inverser la tendance actuelle

L’actualité Dangote doit secouer jusqu’aux antichambres de prise de décisions. Les dirigeants africains ainsi que les promoteurs des institutions d’enseignement supérieur doivent prendre le dossier à leur compte et inverser la tendance actuelle. Au lieu de fabriquer des jeunes bardés de diplômés et sans compétences pratiques, mieux vaudrait se consacrer à la formation de techniciens opérationnels, car l’Afrique aura enfin retenu que  « Les Indiens n’ont pas pris Lagos par la force. Ils y entrent avec leurs tournevis, leurs logiciels, leurs compétences. » Cela ne concerne pas seulement les décideurs, mais aussi les parents et les enfants. La diplomite quoiqu’on dise, est une calamité qui ronge l’Afrique.

Pourtant, il est important de mémoriser que le capital humain est à la base de tout développement. Tant que l’Afrique ne l’a pas compris, ses investisseurs pourront toujours se retrouver dépendant de l’extérieur parce que obligés de recourir à la main d’œuvre étrangère pour faire tourner leurs entreprises. Ainsi, nos bauxites, nos uranium, nos mines d’or, nos puits de pétrole ne nous rapporteront pas de quoi construire nos économies tant que ce sont les autres qui les exploreront, les exploiteront et les transformeront.  Récemment pour reconstruire le traversée de la falaise de Dschang, après le double éboulement du 5 novembre 2024, le Cameroun a été obligé de recourir à la compétence chinoise. Une 350 mètres, le pays débourse plus de 3 milliards FCFA. Cela peut ne pas inquiéter certains, mais cela traduit l’incompétence des entreprises locales, l’amateurisme de la ressource humaine locale.

« Le vrai développement commence quand nous n’avons plus besoin d’eux pour les opérations de base »

« L’Afrique est un continent où l’on peut construire un port en 18 mois… avec une main-d’œuvre étrangère. Mais où l’on met 25 ans pour moderniser un lycée technique. »

C’est exactement ce que l’on a observé avec le café, le coton, le cacao. L’Afrique a toujours vendu sa production aux grandes sociétés occidentales qui, après la transformation en produit fini ou semi-fini inondent les marchés africain. Une seule barre de chocolat coutant plus qu’un kilogramme de cacao vendu par le producteur africain. Ainsi pendant plus d’un demi-siècle de production des cultures de rentes, l’Afrique s’est laissée endormir par la courtoisie des partenariats « gagnant-gagnant » avec l’Occident.

Martial Bissog pense que la révolution africaine doit commencer, avant tout, par la transformation des lycées techniques en usines de production massive de talents. Il s’agit de créer des soudeurs qualifiés, des électroniciens certifiés, des mécaniciens industriels, des techniciens pétrochimiques, des informaticiens capables de coder, réparer, programmer, assembler. Pas seulement cela, mais de donner la chance aux génies africains d’éclore. Plusieurs pays africains dont le Cameroun ont brisé le rêve de milliers de génies. Aucun fonds de soutien à l’invention et à l’innovation. Tout jeune dont le génie serait de fabriquer une arme est subversif. L’interdiction de posséder les armes a totalement éradiqué les artisans qui fabriquaient des fusils et dont il suffisait qu’ils soient répertoriés, encadré et appuyé pour que le Cameroun sorte progressivement de la dépendance occidentale. Que dire de ces nombreux génies qui exhibent des spécimens de voitures ? Que dire des gens accusés et traqués pour fabriquer de faux vins de table ? L’Afrique ne sait pas encourager l’inventivité et l’innovation.

En conclusion

L’enjeu est refonder les curricula, de lutter contre la corruption, de moderniser les équipements de formation, d’accorder des enveloppes budgétaires prioritaires à l’éducation et à la formation professionnelle, d’introduire les clauses de transfert de compétences dans les appels d’offres publics et privés ; tout cela et bien d’autre pour que, dans dix ans, l’Afrique a pu inverser la tendance.

Il serait intéressant qu’en plus des curricula, les meilleurs élèves soient  orientés vers l’enseignement technique professionnel. Pour rompre avec la colonisation qui a réussi sa manœuvre d’imposer aux africains le culte du diplôme et de la bureaucratie. Cela aura été fait à dessein : dans le but de maintenir les Africains dans la dépendance vis-à-vis des pays occidentaux. Sans formations techniques, point de techniciens, sans techniciens point de main d’œuvre qualifiée pour tourner les entreprises industrielles d’où l’obligation d’importer la ressource humaines pour tourner les entreprises et lutter contre le chômage en occident.

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Augustin Roger MOMOKANA