Les geôliers ont-ils accordé toute l’attention nécessaire au détenu Anicet Ekane? Comment en démocratie un homme a-t-il pu être tué pour ses opinions politiques ? Les dirigeants camerounais peuvent-ils ne pas accorder aucune attention à la vie humaine ? Comment le pays peut-il fonctionner comme si Dieu est mort et enterré depuis des décennies ? Le Cameroun ressemble à un enfer où les propriétaires n’ont ni chagrin ni humanité.
« Sous le couvert d'une procédure fausse, illégale, en soutien à ses interlocuteurs, l'armée l'a conservé sans respect des Mandela's Rules, l'a privé de l'oxygène gratuite jusqu'à son décès. Cas illustratif d'administration de mort lente. »
Le président du Manidem (Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie), Anicet Ekane est décédé en détention dans la nuit de dimanche à lundi 1er décembre, au Centre médical de la Gendarmerie Nationale.
Anicet Ekane paie le prix de son soutien politique à Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary lors de l’élection présidentielle organisée le 12 octobre 2025. Un soutien actif pour la libération du Cameroun sous l’emprise de la dictature du président Paul Biya.
Ceux qui l’ont interpellé le 24 octobre dernier sous le motif d'insurrection et de rébellion après qu'il a reconnu la victoire d'Issa Tchiroma Bakary à l’élection présidentielle ont décidé de l’éliminer physiquement en confisquant son extracteur d’oxygène, en le privant de son médecin personnel, en l’assommant avec des soins peu appropriés pour un patient souffrant des problèmes respiratoires.
Face au décès de son client, Me Hippolyte Meli Tiakouang exprime un regret : « Le Président EKANE Anicet Georges a déclaré avoir affaire exclusivement avec les trois provocateurs de la révolte nationale, cités dans sa déclaration enregistrée: le MINAT ATANGA NJI, le Président du Conseil Constitutionnel Clément Atangana, et le concurrent de son soutien à la présidentielle du 12 octobre dernier Paul Biya.
Il a vainement souhaité discuter avec les trois. Il ne souhaitait pas que l'armée ou la justice se mêlent de ces discussions et qu'elles ne prennent pas part au conflit des résultats du scrutin présidentiel maquillé par les gendarmes de la République. Mais hélas ! »
Anicet Ekane s’est engagé en politique en 1973 à cause d’un crime politique vécu en direct : assassinat en 1971 d’Ernest Ouandie à Bafoussam, alors qu’il séjournait dans la ville dans le cadre d’une rencontre de football opposant son lycée (basé à Douala) à celui de Bafoussam. Il quitte la scène le 1er décembre 2025 suite d’un crime politique parce qu’il a soutenu Maurice Kamto et Issa Tchiroma.
Anicet Ekane mort, qui sera la prochaine victime ? Il en reste plusieurs milliers de détenus politiques, mais la vie de quelques-uns est à craindre : le professeur Calvin Aba’a Oyono et Djeukam Tchameni. Si les moyens par lesquels la mort du président du MANIDEM sont connus, rien ne nous permet de prédire si les deux cités seront piétinés, ou empoisonnés, ou fusillés. Heureusement, ils demeurent entre les mains des forces du maintien de l’ordre.
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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