Dschang : la ville-morte s’est confortablement installée ! [Komiaza]

Dschang : la ville-morte s’est confortablement installée ! [Komiaza]

Dimanche 26 octobre 2025. Un tour au centre-ville de Dschang, entre 13heures et 14heures30 : la ville est quasi déserte. Non seulement le centre-urbain était quadrillé par les forces de sécurité, mais des barricades avaient été érigés à certains points sensibles.

Le « Rond-point de la Gendarmerie » ou encore Place de l’Indépendance, la Place des Fêtes, le « Rondo » ou encore Place Mathias Djoumessi figurent parmi les points les plus militarisés. Ceci en prévision au projet des citoyens de sortir dans les rues du pays ce dimanche 26 octobre à 15heures pour manifester leur soutien à Issa Tchiroma Bakary.

L’activité des motos étaient est suspendue par un arrêté préfectoral daté d’hier. sur les axes secondaires. Face à cette crise, quelques véhicules personnels et des clandos assurent : « aider les piétons moyennant 200 ou 300 FCFA, selon la distance ».

Dans les marchés, les vitrines sont restées fermées ce dimanche. Pourtant, le marché de vivres ne cesse de grouiller de monde. C’est que les gens continuent de se ravitailler, car personne ne sait ce qui adviendra après la lecture des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 ce lundi 27 octobre. Hier, les banques et les microfinances ont été prises d’assaut par les clients. Des rangs interminables devant les guichets automatiques. Ils étaient question de faire des retraits pour assurer ces lendemains incertains.

Il convient de préciser que même si l’arrêté préfectoral ne vise que les motos taxis, de nombreux propriétaires de véhicule ont préféré ne courir aucun risque. Ils sont nombreux qui ont donc préféré la marche à pieds. Seuls les cars de transports ont maintenu leur activité de routine sur la route régionale qui dessert de Dschang-Bafoussam et les villages riverains.

En 1990, la « ville morte » avait été décrétée par les partis politiques et la société civile dans la cadre de la revendication du multipartisme. Cette fois-ci, en octobre 2025, curieusement, ce sont les autorités administratives à la manœuvre. Ainsi, les moyens de l’Etat sont déployés pour défendre président candidat Paul Biya contre Issa Tchiroma Bakary qui revendique la victoire au sortir des urnes le 12 octobre 2025.

Dschang est la ville du Cameroun qui a payé le prix le plus cher de la contestation du verdict des urnes de l’élection présidentielle. La manifestation de radication du respect des votes a dégénéré en émeutes, casses, incendies et pillages. Selon le préfet du département de la Menoua, Itoe Peter Mbongo, la commune de Dschang y a laissé plus d’un milliard FCA.

Augustin Roger MOMOKANA