Menoua : aucune moto dehors, du dimanche 26 au mardi 28 octobre 2025. [Komiaza]

Menoua : aucune moto dehors, du dimanche 26 au mardi 28 octobre 2025. [Komiaza]

Les villes mortes ! Les villes mortes ! Le dernier arrêté préfectoral murmure que les populations ont une mise à pieds de 48 heures. Elle court du dimanche 26 au mardi 28 octobre dès 06 heures.

Heureusement que les gens ont organisé les obsèques de leurs morts vendredi et samedi. Le préfet Itoe Peter Mbongo a également interdit les manifestations de rue sur l’étendue du département de la Menoua. On devait dire que les cortèges funèbres sont des manifestations de rue ?

Les axes routiers où la circulation des motos est interdite restent inchangés (arrêté préfectoral du 21octobre). Il s’agit des principaux axes du centre urbain de Dschang :

  • Place de l’Indépendance (Rond-Point Gendarmerie) – Entrée Campus – Hôtel Adys - Irad-Lycée Bilingue de Dschang – Centre Climatique ;
  • Place de l’Indépendance (Rond-point Gendarmerie) – Rectorat – Lycée Classique – Palais de Justice ; 
  • Rondo – Sens interdit – Platinium – Place des fêtes ;
  • General Voyage Express – Rondo – Rond-point Gendarmerie (Place de l’Indépendance) – Johnny Baleng ;

A y regarder de près, l’arrêté préfectoral vise à contenir les populations à la maison, enfin d’éviter toute tentative de soulèvement en prélude ou consécutive à la proclamation officielle du résultat du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025.

Les tensions post-électorales ont gagné le terrain depuis le lendemain de l’élection, lorsque des appels à la vigilance contre les tripatouillages des résultats issus des bureaux de vote par les élites politiques du Rdpc avec la complicité d’Elecam et des autorités administratives ont commencé à circuler.

Pourquoi interdire la circulation des motos taxis sachant que c’est le moyen de déplacement de 70 pr cent de la population ? Les professionnels de la moto taxi que les autorités publiques célèbrent en tant de paix seraient-ils des suspects ou des personnes acquises à la cause du candidat Issa Tchiroma Bakary qui revendique la victoire ?

Comment justifier cet acharnement à violer les libertés publiques sous le prétexte de sauvegarder l’ordre public dont la menace, à ce qui semble précis, découle du manque de fair-play politique ? Va-t-on, après le 27 octobre, assister à un apaisement général ? Et si une bonne franche de Camerounais continuait à dénoncer les résultats… ?

Augustin Roger MOMOKANA