Itoe Peter Mbongo : « la paix n’a pas de prix, nous devons la préserver » dans la Menoua. [Komiaza]

Itoe Peter Mbongo : « la paix n’a pas de prix, nous devons la préserver » dans la Menoua. [Komiaza]

« Sont et demeurent interdites, motifs pris des velléités manifestes et avérées de trouble grave à l’ordre public, toute manifestation publique de la rue et la circulation des motos taxis jusqu’à nouvel ordre.»

Le préfet du département de la Menoua, Itoe peter Mbongo a présidé une réunion de crise mardi à Dschang, relativement au contexte social secoué par la crise post-électorale dont Dschang s’est illustré comme l’un des épicentres de la contestation des résultats.

« Dschang est à la une comme une ville de bandits, de barbares, de sauvages ; alors qu’elle est une ville universitaire, une ville où les gens sont intelligents », a déploré le préfet de la Menoua, se référant aux actes de vandalisme qui ont émaillé la manifestation du 15 octobre qui a coûté à Dschang l’incendie de 4 camions et trois tricycles appartenant à la mairie, l’incendie du palais de justice, celui de la maison du Rdpc, et le pillage de la résidence privée du recteur de l’université de Dschang.

Le préfet de la Menoua a tenu à rassurer les populations sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la ville de Dschang en particulier et le département en général : les mesures de sécurité ont été renforcées en vue de préserver la paix et la protection des personnes et de leurs biens.

On ne fouille pas les téléphones des gens. Une opération de maintien de l’ordre a été menée. Les personnes interpellées devaient se faire identifier. C’est dans ce cadre exclusif que les forces du maintien de l’ordre ont demandé à fouiller les téléphones de certains suspects.

Par ailleurs, Itoe Peter Mbongo a indiqué les mesures prises, à travers un arrêté signé ce même jour, pour préserver la paix. Parmi les mesures : l’interdiction de la circulation des mototaxis au centre-ville (voir photo d’illustration) le 23 octobre,

A ce sujet, le numéro Un du département de la Menoua a exhorté les chefs supérieurs, les chefs d’établissement scolaire, les chefs d’entreprise de sensibiliser leurs collaborateurs, leurs partenaires ainsi que leurs enfants ou les enfants à leur charge. « Dans le cadre de l’application de cette mesure sécuritaire, nous n’aimerions pas entendre que quelqu’un a été interpellés. Ceux qui ont été interpellés le 15 octobre sont au niveau du SED. »

Quelques prises de parole ont été autorisées. Elles ont permis aux participants de mieux comprendre les mesures et les défis au cœur du souci pour la stabilité et la paix dans la ville de Dschang.  Le comportement des forces du maintien de l’ordre a été salué, car elles n’ont pas fait usage de leurs fusils contre les manifestants. De même, il a été demandé de ne plus stigmatiser les mototaximans que beaucoup considèrent comme des vandales.

« Restez chez vous. Chacun attend les résultats là où il travaille », a lancé le préfet, en citant l’exemple de la crise anglophone qui a fait reculer le Nord-Ouest et le Sud-Ouest de plusieurs dizaines d’années, car les incendies, les destructions, les morts ne reviendront pas à la vie. Soulignant qu’en 2015, Bamenda avait reçu une enveloppe de 15 milliards pour la réalisation de certaines infrastructures. L’éclatement de la crise a plombé ces projets.

Le préfet Itoe Peter Mbongo avait à ses côtés, le sous-préfet de l’arrondissement de Dschang, Mbella Edjenguele Max, son Troisième Adjoint, Madame Nanseu Chanceline, ainsi que les membres de son état-major. Des chefs supérieurs et des représentants des chefs d’entreprises étaient également présents dans l’assistance.  

Augustin Roger MOMOKANA