Vandalisme post électoral à Dschang : Jean De Dieu Momo maudit les pyromanes maudits! [Komiaza]

Vandalisme post électoral à Dschang : Jean De Dieu Momo maudit les pyromanes maudits! [Komiaza]

Le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Jean de Dieu Momo, exprime sa désolation suite à l’incendie du palais de justice de Dschang par des pyromanes.

Outre le palais de justice, de nombreux autres dégâts observés : la permanence du parti Rdpc, le parc automobile de la Commune de Dschang dont des camions à compaction, trois tricycles, un camion benne, un pare-brise de véhicule cassée et du vandalisme au niveau de Elecam Menoua, des comptoirs de commerçants enlevés et incendiés sur la voie publique, la résidence privée du recteur de l’Université de Dschang vandalisée et incendiée en partie, la circulation interrompue sur la principale route de la ville, notamment à partir de la Place de l’Indépendance épicentre de la manifestation. (Découvrez l’album photos par Komiaza).

« Incendie du Palais de Justice de Dschang : un acte de vandalisme contre notre mémoire collective

Mon cœur saigne et mes larmes coulent.

Oui, je pleure. Je pleure en voyant ce qu’est devenue notre chère ville de Dschang, hier symbole de fierté, aujourd’hui meurtrie dans sa chair et dans son âme. Le 12 octobre, alors que le pays venait de vivre une nouvelle élection présidentielle, un événement tragique est venu entacher la dignité de notre cité : le Palais de Justice de Dschang a été incendié au soir du 15 octobre 2025!

Alors même que le décompte des voix était encore en cours, et que les procès-verbaux des arrondissements n’étaient pas encore entièrement compilés, des jeunes, manifestement manipulés, ont choisi la violence pour exprimer leur frustration face à ce qu’ils qualifient de "fraude électorale". Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi avoir choisi de détruire ce que des générations ont mis près d’un siècle à construire ?

Ce n’est pas n’importe quel bâtiment qui a été réduit en cendres. C’est un joyau architectural, un vestige du passé colonial, témoin de la grandeur historique de Dschang. Construit dans les années 1930, en même temps que le Centre Climatique, ce Palais de Justice faisait partie du patrimoine bâti de la ville, symbole de l’urbanité que connaissait Dschang à une époque où le Cameroun ne comptait même pas cinq villes dignes de ce nom.

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec les heures sombres de notre histoire. Comme dans les jeunes années précédant l’indépendance du Cameroun, la Menoua, une fois encore, n’a pas su protéger sa ville phare. Cette fois encore, la jeunesse de Dschang a laissé faire, impuissante ou indifférente. Elle a permis à des pyromanes — sans foi ni loi — de réduire en cendres un bien commun. Était-ce un manque de vigilance ? Une complicité tacite ? Ou tout simplement un abandon collectif ?

Pourquoi Dschang ? Pourquoi, sur les 360 communes que compte le Cameroun, fallait-il que ce soit Dschang qui se distingue négativement ? Pourquoi les jeunes de la Menoua n’ont-ils pas levé le petit doigt pour protéger ce qui leur appartient ? Pourquoi ont-ils permis que des vandales venus d’ailleurs détruisent sous leurs yeux un pan entier de leur propre histoire ?

Mon cœur saigne et je pleure.

Je pleure d’autant plus que je me bats, depuis des années, pour que les pouvoirs publics dotent Dschang d’un nouveau palais de justice, moderne et fonctionnel. Et voilà que ceux-là mêmes pour qui nous menons ce combat sabotent toute avancée, toute initiative, en détruisant l’existant — sans même avoir de solution de rechange, sans même comprendre la gravité de leur geste.

Sommes-nous donc maudits, à Dschang, à toujours suivre les vents contraires, ceux qui nous viennent des enfers ? Sommes-nous condamnés à détruire ce que nous avons au lieu de le préserver et de l’améliorer ?

Me Momo Jean De Dieu