#Komiaza.com- Il était une fois, dans un pays lointain, très lointain de notre Tsang, un ministre nommé Konmenek. Il était connu pour son arrogance, sa grande gueule et son mépris envers les autres.
- Ne devient pas ministre qui veut, mais qui peut ! avait-il coutume de dire à toutes les personnes qui osaient ne pas se mettre très lois, dans les herbes de la rigole, quand il passait.
Pourtant ce qui allait déclencher sa chute, ce fut un vol commis par son neveu, Tsonbou. Tsonbou avait volé le bijou précieux de tante Noudem. Un bijou qui valait plusieurs voyages en Amérique. Faute de pouvoir le faire restituer son bijou dont la perte la dévastait, tante Noudem fut voir Konmenek pour lui exposer l’affaire. Monsieur le ministre la calma, et lui promit de prendre bientôt l’affaire en main afin qu’elle puisse rentrer en possession de son bijou.
Ses bijoux, Tante Noudem les avait hérités de sa mère dont elle était l’héritière. Sa mère elle-même les avait hérités de sa grand-mère qui les avait hérités de sa mère qui les hérita de sa grand-mère. Pour rien au monde elle voudra s’en séparer. D’ailleurs, on raconte que le président de la république avait proposé un hélicoptère à Tante Noudem contre ces bijoux taillés sur les débris des comètes, de la mâchoire supérieure de la baleine blanche, du sexe du caméléon et des d’un bloc obtenu par fusion de la crinière du lion de Sanzo.
Le jour promis à Tante Noudem arriva. Konmenek se rendit au village. Il profita de la cérémonie d’offrande au ntenkap, où tous les membres de la famille étaient présents, pour s’en prendre à Tsonbou. Comme son neveu ne voulait pas avouer le vol, il se mit en colère et bondit sur lui. Il le frappa violemment, suscitant la pitié et les supplications de la famille de le laisser.
- Laisse-le ! il fera la même chose chez le voisin et ne s’en sortira pas vivant, le supplia le grand oncle.
Konmenek n’écoutait personne, il frappait Tsonbou du pied, des mains, de la tête. Il était imparable. Et tous ceux qui s’interposèrent furent projetés à des dizaines de mètres. Il cogna son neveu jusqu’à ce qu’il commença à baver. Il l’abandonna, ajusta sa cravate et demanda à boire un verre d’eau. Il s’agit, à sa place. La cérémonie se poursuivait, Grand Oncle fit venir tante Noudem pour lui parler à l’oreille.
- Ça lui apprendra de dérober les bijoux de tantine. On ne fait pas ça dans ma famille ! dit Konmenek.
Peu à peu, une atmosphère lourde de tristesse envahit la place. Tante Noudem vint parler au ministre :
- Tu as… il ne bouge plus ! tu as tué l’enfant ! comment as-tu pu le faire, tu as tué ton sang !
Konmeneck fait venir sa voiture. On porta Tsonbou que l’on coucha sur le siège arrière, de sorte que le ministre fut obligé de serrer à la cabine avec son garde du corps. La voiture démarra pour l’hôpital.
Les policiers arrivèrent pour arrêter le ministre, mais il les traita avec mépris et menaça de les faire révoquer.
- Vous n’avez pas le droit de m’arrêter ! je suis un ministre messieurs ! cria-t-il.
Mais les policier ne se laissèrent pas intimider et l’arrêtèrent ; ils le menottèrent et le conduisirent au tribunal. Devant le tribunal, Konmenek essaya de faire valoir son statut de ministre pour se soustraire à la loi.
- Vous allez voir, d’ici peu de temps le président de la république, quand il sera au courant, va vous servir une tasse chaude.
Le juge ne se laissa pas impressionner par l’attitude du mis en cause. Personne n’appela le tribunal pour tenter d’influencer sa décision. Le président de la République envoya plutôt un message de regret à son serviteur en instance de jugement. La famille regretta, se concerta et à l’unanimité décida que le cabri ne s’assoit pas sur le dos de l’éléphant.
- Votre station de ministre ne vous donne pas le droit de tuer impunément, déclara le juge. Vous êtes accusé d’outrage à magistrat et de velléité de défier la loi, en plus du meurtre de sieur Tsonbou.
Malgré ses aboiements, Konmenek fut condamné à une peine très lourde. Il réalisa trop tard que son arrogance et son mépris envers les autres l’avaient conduit à sa perte. Il passa de très nombreuses années en prison, regrettant ses actes et souffrant de la solitude.
MOMOKANA Augustin Roger
MEDIAS
Festival International Reconnection (FIR) : le rendez-vous des ancêtres s’installe à Dschang.
Du 5 au 8 février, l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang deviendra le centre de gravité d’une quête spirituelle et culturelle profonde, accueillant des délégations venues du Tchad et des États-Unis.
LIRE PLUS...







