#Komiaza.com - Le Maréchal Idi Amin Dada, président de l’Ouganda de 1971-1979, voulait changer le nom de l'Ouganda en Idi. Tout le monde dans son cabinet était d’accord parce qu’ils avaient peur de lui.
Mais un homme, Malyamungu, dit à Idi Amin : « Votre Excellence, connaissez-vous un pays appelé Chypre ? Idi Amin lui a demandé : « Qu'est-ce que Chypre a à voir avec le changement de l'Ouganda en Idi ? »
Malyamungu a répondu à Idi Amin Dada que les citoyens de Chypre sont appelés « Chypriotes ». Si nous changeons le nom de l'Ouganda en Idi, nous, les Ougandais, serons traités d' « idiots » et le monde nous traitera d'idiots, ce que nous ne sommes pas. Idi Amin Dada le regarda et dit : « Vous et moi sommes les hommes les plus intelligents de ce cabinet. Le nom du pays restera Ouganda ». C'était une voix seule, mais elle a mis fin à la folie du dictateur le plus despotique que l'Afrique ait jamais produit. Le silence des bonnes personnes fait prévaloir le mal.
Un excès de zèle conduit à la dictature
Idi Amin Dada, qui s’est fait remarquer comme excellent réciteur du coran quitte l’école et devient portier dans un hôtel à Jinja. Un officier britannique le remarque et le recrute en 1946 comme aide-cuisinier au sein du régiment King's African Rifles de l’armée coloniale britannique d’Afrique. Son physique et sa carrure (1,98 m pour 126 kg) ne laissent personne indifférent. Il suit alors un entraînement militaire, et en 1947 il est envoyé comme soldat au Kenya.
« Son Excellence le Président à vie, Maréchal Alhaji Docteur Idi Amin Dada, titulaire de la Victoria Cross25, DSO, titulaire de la Military Cross et Conquérant de l’Empire britannique »
Idi Amin Dada est certes un dictateur, mais il veut libérer son pays de l’emprise occidentale et étrangère. Pour preuve, en 1972 il va expulser 80 000 Indo-pakistanais de l’Ouganda. Les soldats ougandais pillent et violentent en toute impunité les Indiens ; leurs biens sont confisqués au profit des militaires proches du pouvoir. Alors que les chancelleries occidentales sont aux abois, rompent les relations avec ce pays, il s’autoproclame Maréchal et « président à vie ». Devant les médias nationaux et internationaux, il se fait porter sur une chaise par des hommes d’affaires occidentaux. Ces derniers sont contraints de le promener dans la capitale.
Idi Amin Dada doit accueillir le sommet de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine). Il considère cela comme une consécration de son pouvoir en tant que « Président à vie ». Pour agrémenter ce couronnement il organise l’élection « MISS OUA », il organise un rallye automobile dont il est concurrent au volant d’une Citroën SM, « Lors du sommet, il épouse en cinquièmes noces une jeune danseuse dont le mari a disparu lorsque, l’année précédente, Amin Dada a commencé à s’intéresser à la jeune femme. »
En 1977, lorsque les Britanniques rompent toutes relations diplomatiques avec le régime, Idi Amin Dada exulte se confère la décoration de « Conquérant de l’Empire britannique ». Il lui reste l’invasion du Golan. Il projetait de le reprendre à l’Etat d’Israël. Mais le temps jouera en sa défaveur.
La chute d’un dictateur
En octobre 1978, à la suite des mutineries dans le sud-ouest du pays, des militaires se réfugient en Tanzanie. Idi Amin Dada, avec l’aide des troupes libyennes, tente d’annexer la région de Kagera. Julius Nyerere déclare la guerre à l’Ouganda, enrôlant dans ses rangs les militaires ougandais réfugiés sur son sol. Le 11 avril 1979, face à la force du feu de l’armée tanzanienne appuyée par des guérillas ougandaises (l’Armée de libération nationale de l’Ouganda ou Uganda National Liberation Army – UNLA) et rwandaise, Idi Amin Dada est forcé de fuir Kampala. Il est renversé.
Lorsque Idi Amin Dada est renversé, il s’exile en Libye d’abord, en Arabie Saoudite ensuite. C’est dans ce dernier pays qu’il passera le restant de sa vie. « L’État saoudien lui fournit une maison, assez modeste, mais aussi un chauffeur et du personnel de maison, pourvoit à sa subsistance et lui verse une pension ». cette considération s’explique par le fait qu’au cours de sa présidence, Idi Amin Dada a permis à l’Arabie Saoudite de construire de nombreuses mosquées dans le pays. Le nouveau gouvernement ougandais est prêt à l’accueillir, pourvu qu’il accepte de répondre des crimes sur plus de 300 000 Ougandais perpétrés par son régime.
Idi Amin Dada se trouve en paix à Djeddah et il réagit plutôt : « Je suis un bon musulman. Tout ce qui m’intéresse aujourd’hui a un rapport avec l’islam. Mes enfants ont grandi et ont quitté Jeddah. J’en ai juste envoyé deux dans des collèges aux États-Unis. J’ai une jeune épouse qui m’a donné une petite fille, Iman, et je me consacre à la religion, et à rien d’autre. Je récite le Coran, joue de l’orgue, j’aime nager et pêcher dans une station balnéaire à côté de la frontière yéménite. Les poissons y sont délicieux, croyez-moi. Une vie paisible. » Il était né vers 1925 à Koboko et est mort le 16 août 2003 à Djeddah.
Komiaza.com, avec Wikipédia & B. Kemajou
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