Droits de l’Homme : Mandela Center menace L’Etat du Cameroun de poursuites judiciaires.

Droits de l’Homme : Mandela Center menace L’Etat du Cameroun de poursuites judiciaires.

#Komiaza.com - Mme Nguessan Dorgelesse est une mère célibataire de 37 ans originaire de l’Ouest-Cameroun. Elle réside à Douala où elle tenait un salon de coiffure au moment de son arrestation, de son jugement et de sa condamnation par le Tribunal militaire de ladite ville pour les charges d’insurrection.  

Dans sa Note d’information n° 121/MCI du 16 janvier, Mandela Center International, Ong à statut consultatif auprès de l’ONU, demande à l’Etat camerounais de procéder aux réparations de la détention arbitraire de madame NGUESSAM Dorgelesse à la prison centrale de Douala.

Mme NGUESSAM Dorgelesse a été interpellée, jugée et condamnée par le Tribunal Militaire de Douala, dans le cadre de la répression des marches pacifiques du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) du 22 septembre 2020 relative à la contestation des résultats de l’élection présidentielle de 2018.

Près de 05 ans de détention après, le 16 janvier 2025, la Cour d'Appel du Littoral statuant en matière criminelle en sa composition militaire a condamnés Mme NGUESSAM Dorgelesse ainsi que deux de ses codétenus, les Sieurs SOPTIAM Mathurin et FOSSI Appolin à 06 mois d'emprisonnement.

La sentence de la cour d’appel intervient alors que les condamnés ont passé après 04 ans 04 mois de détention pour les charges d'insurrection qui, en appel, ont été abandonnées. Il va sans dire, selon Me SIMH dans une réaction sur Facebook, que le Tribunal militaire n’a pas compétence en matière de manifestations publiques.

Des organisations non gouvernementales dont Amnesty International ont pris effet et cause pour Mme NGUESSAM Dorgelesse « condamnée pour avoir tout simplement exercé ses droits à la liberté d’expression et la liberté d’assemblée pacifique ». À cet effet, en janvier 2022, cette violation des droits de l’Homme a été mise en avant à l’occasion de la campagne internationale « Écrire pour les droits ».

Convaincu que la détention arbitraire qui est une violation du droit à la liberté et s’inscrit dans le non-respect du droit national et des standards internationaux auxquels l’Etat du Cameroun a librement souscrits, Mandela Center International affirme avec fermeté que, « la responsabilité de tous ces faits est ainsi CLAIREMENT attribuée à l’Etat du Cameroun en vertu du droit international, au terme des articles 4 et suivants d’une résolution 56/83 de l’Assemblée générale des Nations Unies en date du 12 décembre 2001 ».

Pour cela, Mandela Center International invite l’Etat camerounais non seulement d’accorder une réparation totale aux victimes ou à leurs ayants droit, mais aussi que les représentants de l’État- chargés d’« éviter toute violation des droits humains », qui se sont rendus coupables de violations des droits humains soient sanctionnés avec fermeté.

Augustin Roger MOMOKANA