Lettre d'une femme âgée enfermée dans une maison de retraite...

Lettre d'une femme âgée enfermée dans une maison de retraite...

#Komiaza.com – Si des mesures urgentes ne sont pas prises, nos personnes âgées finiront comme des exilés dans des mouroirs baptisés maisons d’encadrement des personnes du troisième âge. L’Afrique doit éviter d’embrasser les échecs des sociétés occidentales. Autrefois, les parents finissaient leur vie chez leurs enfants : ils s'occupaient des petits-fils, faisaient à manger quand elles le pouvaient. On a arrêté cette façon de vivre et c'est très regrettable! Si l’Afrique ne préserve pas ses valeurs, cette malchance le frappera.

 Cette lettre représente l'équilibre de ma vie.

J'ai 82 ans, 4 enfants, 11 petits-enfants, 2 arrière-petits-enfants et une chambre de 12 mètres carrés.

 Je n'ai plus de maison ni d'objets qui me sont chers, mais j'ai quelqu'un qui range ma chambre, me prépare à manger et fait mon lit, contrôle ma tension artérielle et me pèse.

 Je n'ai plus le rire de mes petits-enfants, je ne peux plus les voir grandir, s'embrasser et se battre;  certains d'entre eux viennent me voir tous les 15 jours ;  d'autres tous les trois ou quatre mois ;  d'autres, jamais.

Je ne fais plus de croquettes ni d'œufs farcis ni de rouleaux de viande hachée, ni de point de croix.  J'ai encore quelques passe-temps à faire et le puzzle sudoku qui m'amuse un peu".

 "Je ne sais pas combien il me restera, mais il faut que je m'habitue à cette solitude ; je fais de l'ergothérapie et j'aide comme je peux ceux qui sont plus mal lotis que moi, même si je ne veux pas trop attachés : ils disparaissent fréquemment. On dit que la vie s'allonge de plus en plus. Pourquoi ? Quand je suis seul, je peux regarder les photos de ma famille et quelques souvenirs que j'ai ramenés de chez moi.

J'espère que les prochaines générations comprendront que la famille est faite pour avoir un lendemain (avec les enfants) et pour rendre à nos parents le temps qu'ils nous ont donné pour nous élever. Pierre Nerval @PNerval

Placer les vieux qui ont des enfants en maison de retraite c’est les pousser à la mort. La société d'égoïstes et d'incultes est entrain de prendre le pas sur la famille. De nos jours les enfants sont plus attachés à leur petit confort qu’à leurs parents qu’ils qualifient de dépassés.

Le Cameroun doit combattre les projets de construction des maisons de retraite. Il s’agit des idées portées par des personnes en quête de fortune. Garder les parents à la maison c’est ne pas céder aux ravages de la mondialisation culturelle.

Komiaza.com