Boris Bertolt : Diang ne sera jamais Dschang, et vice-versa.

Boris Bertolt : Diang ne sera jamais Dschang, et vice-versa.

La vérification des faits et le croisement des sources constituent l’ADN du journalisme. Pourtant, à l’ère des réseaux sociaux, la course au scoop et à l’audience pousse parfois certains lanceurs d’alerte à des dérives déontologiques graves. Le dernier dérapage en date est signé Boris Bertolt, qui a confondu de manière grossière la commune de Diang et celle de Dschang, jetant une fausse accusation sur l’honorable Professeur Émile Temgoua.

Une confusion géographique et administrative aberrante

L'affaire commence par une alerte publiée sur les réseaux sociaux par Boris Bertolt, dénonçant sept mois d’arriérés de salaires au sein d’une municipalité. Le document initial émanait des agents de la commune de Diang, une collectivité territoriale décentralisée située dans la région de l'Est du Cameroun.

Pourtant, pour illustrer cette dénonciation, le blogueur a cru devoir associer la photo du Professeur Émile Temgoua, le maire de la commune de Dschang, chef-lieu du département de la Menoua à l'Ouest. Diang ne sera jamais Dschang. Cette légèreté éditoriale confond deux réalités, deux régions et deux exécutifs municipaux qui n'ont absolument aucun lien structurel.

Le timing du scandale : Une salissure en pleine prestation de serment

Cette fausse information a été jetée dans l'arène publique au moment précis où l’actualité politique de Dschang célébrait un jalon institutionnel majeur. Le jeudi 10 septembre 2026, le Professeur Émile Temgoua prêtait officiellement serment devant le Tribunal de Première Instance de Dschang en sa double qualité d’Officier de Police Judiciaire (OPJ) à statut spécial et d’Officier d’État Civil.

Alors que les images de cette cérémonie solennelle saturaient les messageries pour marquer la régularisation et la légitimité de l'exécutif municipal, la publication mensongère de Boris Bertolt est venue parasiter l'événement. Pour mémoire, s'il est vrai que Dschang a traversé par le passé des tensions de trésorerie sous le magistère du défunt maire Jacquis Kemleu Tchabgou, cette situation financière a été presque entièrement apurée par l’actuelle équipe dirigeante. Associer l'image de l'universitaire Émile Temgoua à une crise salariale en cours à l'Est est une contrevérité flagrante.

 Le mutisme du blogueur face à la vérité du terrain

Le plus préoccupant dans ce naufrage déontologique reste l'attitude du lanceur d’alerte après la publication. Malgré des centaines de commentaires de protestation, des démentis d'internautes avisés et des appels répétés à modifier l'illustration, Boris Bertolt est resté sourd et muet. Fonçant sur sa proie comme un aveugle, il refuse de corriger son erreur, préférant poursuivre d'autres polémiques lucratives sur la toile.

La Commune de Dschang a réagi : « Bonjour très cher Boris Bertolt. La photo qui accompagne votre récit n'a aucun rapport avec les faits. Bien vouloir supprimer cette photo, qui n'est autre que celle du Maire en exercice dans la ville de Dschang ». Malheureusement sans succès.

Mesure-t-il seulement le préjudice moral et le scandale causés au maire Émile Temgoua et à une institution municipale aujourd'hui soudée et financièrement assainie ? En agissant de la sorte, le blogueur perd sa crédibilité et fragilise la confiance de ses propres abonnés. La dignité et l'éthique lui imposent d'adresser des excuses publiques au maire de Dschang pour réparer cette salissure numérique.

Par Augustin Roger Momokana