Pendant longtemps, la Chine a cru que l'idéologie suffisait. Pendant longtemps, elle a pensé que les slogans pouvaient remplacer la production. Pendant longtemps, elle a cru que la pauvreté pouvait être combattue par des discours. Puis un jour, la réalité a rattrapé les illusions. Analyse de Darchari Mikidache, économiste et Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC).
En 1978, la Chine était encore l'un des pays les plus pauvres du monde. Aujourd'hui, elle est la deuxième puissance économique mondiale. Cette transformation n'est pas le fruit du hasard. Elle résulte d'une décision fondamentale :
— privilégier le développement économique ; — encourager la production ; — attirer les investissements ; — développer l'industrie ; — investir dans l'éducation ; — favoriser les exportations ; — moderniser l'agriculture.
La Chine a compris une vérité simple :
Une nation ne devient pas prospère parce qu'elle parle de richesse.
Elle devient prospère parce qu'elle crée de la richesse.
LES CHIFFRES QUI FONT RÉFLÉCHIR
Depuis le lancement des réformes économiques en 1978 :
— plus de 800 millions de personnes sont sorties de l'extrême pauvreté ; — la croissance économique a dépassé 9 % par an en moyenne pendant plusieurs décennies ; — la Chine est devenue l'un des principaux centres industriels de la planète.
Pendant que certains pays débattaient, la Chine construisait.
Pendant que certains pays consommaient, la Chine investissait.
Pendant que certains pays importaient, la Chine produisait.
LA GRANDE LEÇON POUR L'AFRIQUE
Le développement ne dépend pas seulement des ressources naturelles.
Il dépend surtout :
— de la qualité des institutions ; — de l'éducation ; — de la productivité ; — de l'innovation ; — de la discipline collective ; — de la capacité à transformer les matières premières localement.
Le pétrole ne crée pas automatiquement la richesse.
L'or ne crée pas automatiquement la richesse.
Le gaz ne crée pas automatiquement la richesse.
Ce sont les femmes, les hommes, les entreprises, les ingénieurs, les enseignants, les agriculteurs et les entrepreneurs qui créent la richesse.
RECOMMANDATIONS DU CEEC
— Faire de l'éducation une priorité nationale absolue.
— Développer massivement les infrastructures numériques.
— Soutenir les PME et les entrepreneurs locaux.
— Transformer localement les productions agricoles.
— Développer les filières industrielles à forte valeur ajoutée.
— Attirer davantage d'investissements productifs plutôt que de dépendre uniquement de l'aide extérieure.
— Former une nouvelle génération de techniciens, d'ingénieurs et de créateurs d'entreprises.
LA QUESTION N'EST PAS DE SAVOIR SI L'AFRIQUE PEUT RÉUSSIR.
La vraie question est : Sommes-nous prêts à faire du développement une priorité plus importante que les divisions, les querelles et les débats stériles ?
Comme l'a montré l'histoire économique mondiale, les pays qui avancent sont rarement ceux qui parlent le plus. Ce sont souvent ceux qui produisent le plus.
"La richesse d'une nation se construit dans ses écoles, ses usines, ses laboratoires et ses entreprises."
À propos de l'auteur
Darchari Mikidache est économiste-fiscaliste et Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC). Il dirige également l'ONG USHABABI WA MESO INTERNATIONAL (Jeunesse et Avenir). Reconnu à l'échelle internationale pour ses chroniques sur le développement de l'Afrique, le leadership et la motivation, il figure depuis 1996 parmi les personnalités influentes du Gotha Noir d'Europe.
Site officiel : www.darcharimikidache.com








