Mairie de Dschang : Entre deuil et désinformation, la vérité sur le « débrayage » du lundi.

Mairie de Dschang : Entre deuil et désinformation, la vérité sur le « débrayage » du lundi.

Alors que l’Hôtel de Ville de Dschang pleure ses cadres, certains préfèrent recycler de vieilles vidéos pour inventer des grèves. Non, le personnel n’est pas dans la rue ; il est au recueillement. Décryptage d’une manipulation numérique qui tombe particulièrement mal.

Il y a des records qu’on se passerait bien de battre. Pour la commune de Dschang, la période actuelle ressemble à un marathon de la douleur. Après le départ brutal du Maire Jacquis Kemleu Tchabgou, c’est M. Saakoue Augustin, cadre respecté de la Recette municipale, qui a tiré sa révérence ce lundi alors qu'il était en cours de transfert vers un hôpital spécialisé à Yaoundé.

Pendant que les collègues essuient leurs larmes et que l'heure est au recueillement, certains agitateurs de claviers ont décidé de jouer une tout autre partition.

Le recyclage, c’est bien… sauf pour l’info

Lundi, le lanceur d’alerte Nzui Manto a cru bon de ressortir des archives une vidéo de débrayage datant du 23 décembre 2025. Un « best-of » des revendications salariales de l’époque, servi sur un plateau d'argent comme une actualité brûlante.

Résultat ? Une rumeur de grève générale qui se propage plus vite qu’un impayé à la caisse. On appelle ça du « réchauffé », mais dans ce contexte de deuil, le plat a un goût de sable. Transformer un mouvement social vieux de plusieurs mois en scoop matinal alors que les bureaux sont en larmes, c’est ce qu’on appelle, dans le jargon, un « fail » journalistique en raccourci.

L’indignation au bout du fil

Contactés par la rédaction de Komiaza, les responsables communaux ne cachent pas leur amertume. Plus qu'une simple fausse information, ils y voient un "clou supplémentaire dans la plaie" que la mairie endure. À l'heure où l'énergie devrait être consacrée à la continuité du service public malgré les pertes humaines, l’administration doit perdre un temps précieux à démentir des fantômes numériques.

Le personnel de Dschang n'est pas en grève de salaire, il est en deuil. Et ça, aucune vidéo recyclée ne pourra l'expliquer.

L’œil du citoyen : Ne vous laissez plus « cuisiner » par l’infox

Entre une vidéo d’archives et un scoop brûlant, il n’y a souvent qu’un clic de malveillance. Pour ne pas gober une information « réchauffée » comme celle-ci, quelques réflexes s’imposent : observez les détails de l’arrière-plan (météo, vêtements, affiches) qui trahissent souvent une date passée, et méfiez-vous des titres hurlés en majuscules. Dans le doute, une recherche inversée sur Google Images permet souvent de débusquer le pot-aux-roses en quelques secondes. À Dschang comme ailleurs, la règle d'or reste la même : si l'info n'est pas vérifiée, elle ne doit pas être partagée. Mieux vaut un silence prudent qu’une rumeur qui vient remuer le couteau dans une plaie déjà béante.

Le mot de la fin : La vérité ne prend pas de congés

En fin de compte, la Mairie de Dschang n'a pas besoin de fausses crises pour se sentir vivante ; elle a surtout besoin de sérénité pour honorer ses disparus. Si le personnel est en « grève », c'est uniquement contre la malhonnêteté intellectuelle. Pour le reste, les services continuent, le deuil se porte avec dignité, et la vérité, elle, n'a pas besoin de mise à jour pour rester d'actualité.

Et vous, chers lecteurs, préférez-vous l'info qui brille ou l'info qui est vraie ?

Ne vous fiez jamais aux déclarations du genre : « le personnel de la Commune de Dschang est encore en grève. Aucun média Menoua n’en parle maintenant. Ni les activistes. Ce fut quoi le projet lorsque le maire Kemleu était vivant ? » Ou encore : «… on comprend aisément qu’ils étaient aux ordres des gens tapis dans l’ombre. Maintenant, ils sont devant leur propre miroir, la conscience morale. Elle juge et foudroie. » 

Par La Rédaction de Komiaza