Quand le Mont Cameroun vomit ses cendres, la science dément la « Colère de Dieu » !

Quand le Mont Cameroun vomit ses cendres, la science dément la « Colère de Dieu » !

Depuis quelques heures, une vague de panique secoue la cité de Buea. Une eau noire, sombre comme le charbon, dévale les pentes du Char des Dieux. Si pour beaucoup, c’est le signe d’une punition divine suite aux récents tripatouillages politiques à Yaoundé, les scientifiques, eux, appellent au calme : ce n’est pas de la sorcellerie, c'est de la géologie ! (Image capture vidéo de ©Papa Cameroun).

Nye ! Nye ! Nye ! Rangez vos bibles et vos talismans un instant. Le spectacle qui s'offre aux yeux des habitants de Wokoko et Bonduma n'est pas l'apocalypse. Certes, voir une rivière noire traverser son quartier quand le ciel est bleu en ville peut donner des frissons, mais l'explication est aussi claire que l'eau de roche.

Ce n'est pas du sang noir, c'est du « Lahar » froid

Contrairement à la croyance populaire, le Mont Cameroun n'est pas en colère contre le « Vice-roi » nommé au Palais. Ce phénomène, les experts l'appellent un « lahar » froid ou un ruissellement chargé de sédiments.

Voici ce qui se passe réellement :

Pluies en altitude : Même s'il fait beau à Buea-ville, des pluies intenses tombent sur les sommets du volcan.

  • Érosion volcanique : Cette eau ruisselle sur des sols riches en cendres et en basalte noir (vestiges de l'éruption de 2012). Chargée de fer et de magnésium, l'eau devient une boue sombre et liquide.
  • Le rejet des flancs : Les flancs poreux du Mont rejettent le trop-plein d'eau accumulée. C'est un phénomène naturel qui peut se produire jusqu'à 4 fois par an au début de la saison des pluies.

Fertilisants gratuits ou danger réel ?

Yeutch ! Certains y voient de la magie noire alors que la nature envoie des fertilisants gratuits et abondants pour vos champs. Cette boue ne sent rien, elle n'est pas polluée ; elle est simplement riche.

Pourtant, si le ciel n'est pas en colère, la force de l'eau, elle, est bien réelle. À Wokoko-Bonduma, le mur d'une cité a déjà cédé sous la pression de cette coulée. Le risque n'est pas l'éruption volcanique immédiate, mais l'inondation boueuse qui ne prévient pas.

Mouf ! Arrêtons de voir la sorcellerie partout. La nature a ses règles. Les autorités surveillent le volcan, mais la prudence reste de mise pour ceux qui ont construit dans les zones inondables.

Frushiman ! Regarde l'eau noire et comprends que la terre respire. Ce n'est pas Dieu qui punit le Cameroun, c'est la montagne qui se lave le visage après une longue saison sèche.

Par la Rédaction de Komiaza