Oubliez la piété de façade. À Wum, le Préfet Abdoulayi Aliou a profité de l’Aïd el-Fitr pour passer un savon (très diplomate) aux fidèles : être un saint pendant 30 jours, c’est bien. Le rester les 11 mois suivants, c'est mieux. Chronique d’un recadrage nécessaire pour un vivre-ensemble qui ne soit pas qu’une option saisonnière.
À Wum, la fin du Ramadan, c’est du sérieux : fantasia, boubous chatoyants et parfums de fête. Mais le 20 mars dernier, à la place des fêtes, le Préfet de la Menchum, Abdoulayi Aliou, a décidé de jouer les « coachs de vie » plutôt que les simples spectateurs. Son message ? Le Ramadan n'est pas un CDD (Contrat à Durée Déterminée) de bonne conduite, mais un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) de citoyenneté.
Le Ramadan, ce « bootcamp » de la vertu
Pour l’autorité administrative, ce mois de jeûne n’était rien d’autre qu’un « atelier de travail » intensif. Une sorte de séminaire de formation accélérée sur comment ne pas être un "mauvais citoyen".
Si vous avez réussi à ne pas succomber à la tentation du péché (ou du plantain frit à midi) pendant un mois, vous n'avez plus d'excuses pour la suite. « C’est la volonté seulement qui manque », a glissé le Préfet. En clair : si vous pouvez tenir tête à votre estomac, vous pouvez bien tenir tête à l'incivisme et à la division.
Alerte : Éviter le syndrome du « Musulman de Noël »
Le Préfet a mis les pieds dans le plat (après la rupture, bien sûr) : pas question de redevenir un « mauvais musulman » dès le lendemain de la fête. Le vivre-ensemble ne doit pas être une décoration qu’on ressort une fois par an comme un sapin de Noël.
Dans une région du Nord-Ouest qui a soif de stabilité, Abdoulayi Aliou attend des « apôtres permanents » de la paix. Traduction pour les citoyens : la paix n'est pas un dossier qui dort sur le bureau du Préfet, c’est une mission que chaque habitant de la Menchum doit porter dans son sac à dos, tous les jours.
L’œil du citoyen : On valide ou on recommence ?
La fantasia est passée, les chevaux sont rentrés à l'écurie et les assiettes sont vides. Reste maintenant le plus dur : appliquer le « manuel de l'atelier Aliou ». Parce qu'au fond, le vrai miracle du Ramadan à Wum, ce n'est pas de ne pas manger la journée, c'est de réussir à se parler et à construire ensemble le reste de l'année.
La Rédaction de Komiaza







