Frushiman ou woman ! Regarde ton visage dans le miroir de ce lac qui t'a fait quoi ?

Frushiman ou woman ! Regarde ton visage dans le miroir de ce lac qui t'a fait quoi ?

Mouf ! Mouf mouf ! Chouagne ! Prends comme ça. Ce n’est pas le poisson d’avril. Yi-ssè ! On dira quoi ? Que les poissons broutaient son champ ? Que leur respiration dérangeait son sommeil ?

Le lac que vous voyez là, avec ses tilapias flottant le ventre en l'air, n'est pas victime d'une malédiction naturelle. C’est l'œuvre d’une main méchante, d’un cœur noir comme le charbon de bois. Une incapacité qui a fini par accoucher de la haine et de la jalousie pure.

On va nous dire quoi ? Que les poissons sont sortis de l'eau pour aller brouter le champ de quelqu'un ? Ou que leur respiration polluait l’air du quartier ? Yaaaaaaa, Yaoundé-ci devient même comment ? Est-ce qu’il y a même une seule maison dans les parages pour justifier un tel dérangement ?

Ceux qui bavardent que le tilapia meurt au moindre manque d’oxygène, regardez bien l’eau. Regardez la couleur de ces bêtes. Yeutch ! Toi qui as fait ça, tu penses que tu vas vivre 200 ans sur cette terre avec les humains ? Quand tu iras au marché demain pour acheter ton propre poisson, tu crois que l'ombre de ces victimes ne te hantera pas ?

Frushiman comme ça ! Regarde-toi bien dans le miroir. Ce que tu y verras, c'est ton propre crime qui te regarde. La jalousie a fini par empoisonner ta propre vie avant de tuer celle du lac.

L'incapacité s'est transformée en jalousie, et la jalousie en crime environnemental. Ce n'est pas une blague, c'est l'image d'une société qui perd le Nord.

Par Augustin Roger MOMOKANA