Hiram Samuel Iyodi : « La prorogation des mandats est une atteinte à la souveraineté du peuple camer
À peine la session parlementaire ouverte, une nouvelle controverse secoue les institutions camerounaises. Le mandat des députés, initialement prévu pour s’achever le 31 mars 2026, a été prorogé jusqu’au 20 décembre 2026 par une loi promulguée le 25 mars par le président de la République. Une mesure qui ne passe pas inaperçue chez l’opposition.
Hiram Samuel Iyodi, ingénieur de formation, entrepreneur et président national du Mouvement Patriotique pour la Prospérité du Peuple (MP3), candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025 (où il a terminé 8e avec 0,40 % des voix), dénonce avec force ce qu’il considère comme une manœuvre politicienne. Sur son compte X (@Mpodol_237), l’homme politique de 38 ans a déclaré :
« Depuis l’ouverture de la session parlementaire, nous assistons à la mise en œuvre de manœuvres politiciennes qui fragilisent la souveraineté du peuple camerounais. »
Une prorogation justifiée par le gouvernement, contestée par l’opposition
Officiellement, le gouvernement invoque des contraintes budgétaires et logistiques dans un contexte économique difficile, après l’organisation de la présidentielle et des élections régionales. Le projet de loi, adopté le 23 mars par l’Assemblée nationale puis par le Sénat, s’appuie sur l’article 15(4) de la Constitution qui permet une telle prorogation « en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l’exigent ».Pour Hiram Samuel Iyodi, cette explication ne tient pas. Il y voit une atteinte directe à la souveraineté populaire. Selon lui, prolonger le mandat des élus sans passer par les urnes revient à priver le peuple de son droit fondamental de choisir librement ses représentants. Il craint que cette pratique ne devienne la règle plutôt que l’exception, éloignant un peu plus la démocratie camerounaise de ses principes républicains. L’ancien candidat, né le 29 août 1987 à Douala et formé en génie chimique à l’Université Laval au Canada, va plus loin. Il s’oppose catégoriquement à toute nomination d’un vice-président non élu par le peuple, qu’il juge illégitime. Pour lui, seule l’élection confère une véritable légitimité démocratique.
« Le Cameroun a besoin d’un nouveau leadership »
Hiram Iyodi, qui se positionne comme un défenseur d’une souveraineté réelle, d’une gouvernance transparente et d’un panafricanisme concret, estime que l’heure est venue pour le Cameroun de tourner la page. « Nous ne pouvons pas rester spectateurs pendant que se joue l’avenir de notre République », a-t-il martelé. Son message est clair et direct : face à ces reports successifs qui maintiennent en place des institutions dont la légitimité s’effrite, le peuple doit répondre massivement dans les urnes lors des prochaines échéances législatives et municipales de 2026. « Apportez une réponse encore plus forte dans les urnes », lance-t-il aux Camerounais. Pour le leader du MP3, 2026 ne doit pas être une simple formalité, mais une opportunité historique de renouvellement profond du leadership politique.
Une question qui dépasse les clivages partisans
Au-delà du cas Iyodi, cette prorogation relance un débat récurrent au Cameroun : celui de l’alternance démocratique et de la représentativité réelle des institutions. Alors que de nombreux citoyens expriment une fatigue face aux reports répétés de scrutins, la question se pose avec acuité : qui décide vraiment ? Le peuple souverain ou des arrangements institutionnels qui s’auto-perpétuent ?
Dans un pays où la jeunesse représente plus de 60 % de la population et aspire à une plus grande participation, le discours d’Hiram Samuel Iyodi résonne comme un appel à la vigilance citoyenne. Il rappelle que la démocratie ne se réduit pas à des élections organisées quand cela arrange le pouvoir, mais à l’exercice régulier et libre de la souveraineté populaire.
Le peuple camerounais acceptera-t-il de voir son avenir reporté une fois de plus ? Ou saisira-t-il 2026 pour imposer, par le vote, un changement authentique et durable ?
L’avenir de la République se joue dans les urnes. Le peuple a désormais la parole.
Par Komiaza-Analyse citoyenne







