#Komiaza.com - C’est pratiquement une partie de ping pong entre les populations de Dschang et le gouvernement du Cameroun, à propos de la reconstruction de la falaise de Dschang fermée à la circulation depuis le 5 novembre 2024, date du double éboulement de terrain qui fait plus d’une trentaine de morts.
Le gouvernement, par un communiqué du Gouverneur de la région de l’Ouest, avait fermé la route à la circulation, sans pour autant prendre des dispositions pertinentes pour rassurer les populations riveraines (Dschang et Santchou) et tous les autres usagers de cette route qui dessert quatre grandes régions du pays : le littoral, l’Ouest, le Sud-Ouest (en partie) et le Nord-Ouest quant à la solution provisoire. Du coup ce sont les maires qui « déchiraient la couverture », soit pour que le contournement soit par Fokoué, Fontsa Touala et Fombap; soit pour qu’il passe par Fotetsa, Fondonera et Santchou.
Dans l’attente interminable, un communiqué du ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, daté du 10 février est venu convaincre les populations de ce que le gouvernement ne faisait pas de cette route une priorité. En aucun moment le ministre a rassuré quant aux mesures concrètes prises par le gouvernement pour reconstruire la route et rétablir la circulation. Sauf de dire que des études ont été faites, le terrain est dangereux, etc.
Raison pour laquelle, sans doute, dimanche dernier 3 mars, les populations sont sorties en masse, armées de machettes, de pelles, de houes et de marteaux, pour aller construire un pont en bois ; en vue de faciliter les mouvements des personnes. Les vidéos tests, où l’on voit les véhicules personnels et de transport de passagers, ont enflammés la toile.
Un acte qui a mobilisé les autorités administratives à leur tête le préfet du département de la Menoua accompagné d’une escouade d’hommes en tenue et la police municipale de Dschang. Munis de haches, d’essence et d’allumettes ils ont effectué une descente musclée sur les lieux. C’est ainsi que le pont a été détruit et les matériaux (bois et planche) incendiés.
Contre toute attente, ce mercredi matin, des informations ont circulé selon lesquelles le pont a été nuitamment reconstruit, cette fois en pierre. Une façon pour ses ouvriers dont personne ne connait l’identité-tantôt on dit qu’il s’agit des motomans, tantôt on dit qu’il s’agit des transporteurs par car, et tantôt on dit qu’il s’agit pour la plupart des personnes ayant des plantations en aval du site de l’éboulement-, de dire au gouvernement: « venez bruler les pierres ! On souffre, vous ne voulez rien faire ! »
Ce message des populations au gouvernement, en année où le fauteuil de Paul Biya est en jeu, ne pouvait pas laisser Yaoundé indifférent. C’est ainsi que le préfet de la Menoua, ITOE Peter MBONGO et une équipe de Chinois spécialisés dans le BTP (Bâtiment et travaux publics) a effectué une descente sur le site. Selon nos sources concordantes, les deux Chinois représentent CFHEC retenu ( ?) pour reconstruire la route.
Même si les gens exultent, face à ces deux hôtes du préfet de la Menoua, une recherche sur Internet ne nous a pas permis d’identifier et de localiser CFHEC au Cameroun ou en Chine. Du coup, il n’est pas exclu que l’on a affaire à un subterfuge du gouvernement pour calmer les esprits surchauffées des populations très remontées par la gouvernance du Cameroun. Dans tous les cas, les uns et les autres devraient savoir qu’il serait difficile de reconstruire la falaise pendant les pluies.
Néanmoins, les populations doivent surtout prendre du recul, observer le terrain sur lequel où ils veulent jouer avec leurs vies. Car cela saute aux yeux, la moindre pluie rendra le sol impraticable et plus accidentogène encore. Que chacun sache que demain pourra être son tour de disparaitre sous terre, après ceux qui s’y sont endormis à jamais le 5 novembre.
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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