#Komiaza.com -C’était dans un pays lointain. Un conducteur de taxi avait mal de sa vie. Les voisins ont déjà sauvé sa vie plus d’une vingtaine de fois. Pourtant un jour, il gagna 50 millions de francs au loto. Jouer au loto était la seule chose qui lui permettait de sourire de temps à autre, et d’espérer.
L’homme gara son vieux taxi dans un parking et se rendit à pieds au siège de la Société Nationale du Loto, muni de son ticket. Il y arriva le corps baignant dans la sueur. Il se présenta, et les hôtesses d’accueil le firent asseoir dans un coin pendant un bon moment, avant de venir le chercher pour le conduire au bureau des comptes.
Notre taximan déposa à la fois son permis de conduire et son ticket sur la table. Dès que la phase des vérifications fut terminée, l’un des quatre occupants du bureau désigna un collaborateur pour aller chez le Directeur qui ne tarda pas à se joindre à eux. Aussitôt la poignée de mains échangée avec le directeur, l’homme sortit de la poche de son blouson noir blanchi par le temps un masque qu’il enfila pour cacher son visage.
Le directeur de la société et ses proches collaborateurs furent pris de panique. Il lui ordonna d’ôter son masque, en vain. Le comptable eu l’idée de lui poser la question sur la signification de son geste :
« Monsieur ! Pouvez- vous au moins nous expliquer le pourquoi de ce masque que vous enfilez, s’il vous plait ? »
L’homme ne se fit pas prier pour répondre, avec une froideur et une telle assurance que même le plus insensible des humains se plierait.
« Ecoutez ! Vous ne connaissez pas ce que je vis dans mon ménage, mais je vous prie de me comprendre. J’ai une épouse et trois enfants déjà adultes. S’ils sont au courant de ce que nous faisons ici en ce moment, vous viendrez à mes funérailles pas plus tard que demain. J’ai eu le grand malheur d’épouser la plus belle femme du pays, celle qui tient constamment un couteau sur mon cou. Je vous en supplie, je ne voudrais ni voir mon visage ni mon nom quelque part. Utilisez juste mon numéro de ticket pour votre promo ».
Ses interlocuteurs furent abasourdis. Le directeur voulu plus d’explications et il insista pour que son client lui exposa quelques scènes de sa vie.
« Monsieur, vous voudriez argumenter ce que vous venez de dire là ? Vous êtes sans oublier que les gagnants mettent leur image à la disposition de la société pour faire la promotion du produit. Vous devez faire désormais partie de nos mascottes, afin que certains incrédules puissent se rendre compte que c’est possible ! »
L’homme hésita un instant, puis plongea la main dans la poche de son blouson. Il en sortit un téléphone qu’il alluma, et fit découvrir certaines photos prises par des voisins lors de multiples maltraitances que sa femme et leurs trois enfants lui font subir. Une photo le montrait au sol, militairement immobilisé par deux jeunes hommes et une jeune fille, et cette femme l’assenait des coups de pilon.
« Tenez ! C’est ça ma vie. Je ne peux pas monter sur les toits pour raconter mon calvaire. Dieu vient d’exaucer mes prières : me donner de quoi disparaitre pour aller refaire ma vie ailleurs. Je veux échapper à la panthère et à ses petits. Savez-vous, il suffit que je n’aie pas ce qu’ils me demandent pour que je devienne leur tam-tam. »
Après cet épisode, le directeur demanda qu’ils rejoignent la Salle des Opérations où quelques personnels, des invités et les médias étaient en attente de la cérémonie de signature. Dès que chacun occupa la place indiquée par les hôtesses, la salle fut surprise de se retrouver face à un Millionnaire « invisible » et « muet ».
Augustin Roger MOMOKANA








