Jean-Claude Mbede Fouda a adressé une lettre ouverte à Marc Brys, l’ancien entraineur-sélectionneur de l’équipe nationale du Cameroun. Un hommage vif et profond à ce technicien de football qui n’a pas pu déployer son savoir-faire, pour des raisons évoqués par le journaliste.
Cher Marc,
En ce jour du 8 septembre 2026, au lendemain de la fin officielle de votre contrat de 29 mois à la tête des Lions Indomptables, le devoir de mémoire et la passion du ballon rond m’imposent de vous adresser ces mots.
Au nom des patriotes, des citoyens lucides et de tous les amoureux sincères du football camerounais, je veux vous dire merci. Merci pour votre courage, votre dignité et votre amour viscéral pour le Cameroun, démontrés au cœur d’une tempête institutionnelle et politique d’une rareté inouïe.
Le peuple camerounais a éprouvé un plaisir immense à vous voir entraîner notre équipe nationale face à une ancienne vedette du football reconvertie en dirigeant, un individu imbu de sa personne qui se croit au-dessus de tout et de tous, érigeant la mesquinerie et la quête d’égocentrisme en mode de gestion.
Malheureusement, Marc, vous êtes arrivé dans un Cameroun déboussolé, privé de boussole politique, où le pouvoir vacillant tente d’utiliser le football comme opium. Un pays où l’entourage du pouvoir espérait s'accrocher à la prétendue popularité d'une star du ballon rond pour maintenir son emprise sur l'État.
Vous avez manqué d'une vraie protection politique : un véritable ministre des Sports aurait tranché dans le vif en suspendant la Fédération et en lui retirant provisoirement son agrément face à de telles dérives.
Au lieu de cela, vous avez été boycotté, saboté et combattu par votre propre président de fédération. On a cherché à vous paralyser en allant jusqu’à vous priver de votre équipement, de vos ballons, et en écartant injustement votre bras droit, Joachim Mununga. Mais malgré ces attaques de bas étage, vous avez imposé votre empreinte.
Personne au Cameroun n'est prêt d'oublier ce cinglant 4-1 infligé au Cap-Vert, une démonstration de force tactique et d'orgueil réussie alors même que la présidence de la Fécafoot avait confisqué votre matériel de travail pour vous empêcher d'exercer !
Certes, on a pu parfois critiquer votre communication. Mais pour avoir moi-même subi les foudres et la mesquinerie de ce président de fédération qui se prend pour le « Dieu Soleil », je comprends parfaitement que vous ayez parfois perdu patience face à tant de mauvaise foi.
Le résultat tragique de cette guerre d’ego menée contre vous et votre staff par la Fécafoot aura été notre élimination dans la course au Mondial. La Fédération a préféré sacrifier le drapeau national pour une querelle de pouvoir, laissant des cadres sur le carreau et gâchant un potentiel immense.
Mais sur le terrain, vous avez rempli votre contrat avec le peuple en étalant aux yeux du monde, les errements d'un faux messie obligé de se rendre au dernier mondial pour faire des selfies. Faute de vous !
Aujourd'hui, alors que s'achève l'ère du très grand entraîneur que vous êtes, je présente les excuses du peuple camerounais pour les humiliations injustement subies.
Cher Marc Brys, bon vent et merci pour tout. Le peuple vrai ne vous oubliera pas.
Jean-Claude Mbede Fouda
Ancien Journaliste des Sports
Fonctionnaire des Organisations internationales








