Féminicides à Yaoundé : Une enseignante de 42 ans froidement assassinée dans un hôtel.

Féminicides à Yaoundé : Une enseignante de 42 ans froidement assassinée dans un hôtel.

Les chiffres font froid dans le dos : 14 femmes tuées en l’espace de 25 jours et déjà près de 40 meurtres de femmes rapportés au Cameroun depuis janvier 2026. Face à cette recrudescence de mères, de filles et d’épouses sacrifiées, les cris d’indignation se multiplient pour réclamer l’urgence nationale. Le mardi 25 août 2026, c'est Beguel Crescence Merline, une enseignante de 42 ans, qui a tragiquement croisé la route de son bourreau.

Le piège des réseaux sociaux et le rendez-vous de l'horreur

L'affaire prend sa source dans le monde virtuel des réseaux sociaux, où la victime et son agresseur ont noué contact. Pour appâter l'enseignante née en 1984, le jeune homme n'a pas hésité à faire pleuvoir quelques billets de banque : un premier versement de 25 000 FCFA, suivi d'un autre de 5 000 FCFA, pour un total de 30 000 FCFA. Fort de ces attentions financières et d'un discours enjôleur, le suspect — un jeune homme de 22 ans né en 2004 — réussit à convaincre Beguel Crescence Merline de partir de Douala pour le rejoindre à Yaoundé.

Le rendez-vous est pris pour ce mardi 25 août 2026 dans une chambre d’hôtel située au quartier Fouda à Yaoundé, où le présumé assassin séjournait déjà depuis deux jours. Sans se douter qu'elle courait vers un véritable abattoir, l'enseignante a effectué le voyage sur Yaoundé.

À son arrivée, le prétendu « Don Juan » change radicalement d'attitude. Prétextant que sa partenaire est trop vieille pour lui, il exige le remboursement immédiat et rubis sur l'ongle des 30 000 FCFA versés en amont. Face au refus catégorique de Crescence Merline, le ton monte rapidement. Pris d'une rage folle, le jeune homme se saisit d'un poignard et se jette sauvagement sur elle, lui assenant des coups mortels avant de prendre la fuite en sautant par-dessus la barrière de l'établissement hôtelier.

Une arrestation citoyenne et des aveux troublants

La cavale du suspect sera de très courte durée. Alertés par le drame, les jeunes du quartier Fouda se sont immédiatement lancés à ses trousses. Ils ont réussi à rattraper le présumé criminel avant de le remettre aux forces de l'ordre.

La fouille de ses effets a révélé des éléments particulièrement suspects : le jeune homme était en possession de plusieurs cartes nationales d'identité et transportait avec lui une corde de deux mètres de long. Conduit par les enquêteurs sur la scène du crime, le suspect est passé aux aveux complets. À quoi devaient servir cette corde et ces multiples identités ? L'enquête policière s'attèle désormais à élucider cette part d'ombre. Pour l’heure, l’établissement d’hébergement a été scellé par le sous-préfet de Yaoundé V sous le fait qu’il servirait de « refuge aux malfaiteurs ».  

L'urgence nationale face à l'omerta institutionnelle

Ce nouveau féminicides barbare soulève une vague d'indignation citoyenne à travers le pays. Malgré la gravité et la répétition de ces crimes odieux, aucune déclaration publique des plus hautes autorités de l'État n'est encore venue rassurer l'opinion publique.

Face à ce silence institutionnel, les appels se multiplient à l'attention du gouvernement camerounais pour exiger des actions immédiates et concrètes :

- Le durcissement drastique de la législation contre les auteurs de violences basées sur le genre et les criminels ;

- L'intensification des campagnes de sensibilisation et d'éducation de masse dans les établissements scolaires et l'espace public ;

- L'incitation des femmes à briser le silence en dénonçant systématiquement tout acte de harcèlement, d'abus ou de menace.

Pour la société civile, il devient impératif d'investir collectivement dans des outils d'éducation massive et de développer une culture d'assistance citoyenne afin de secourir sans délai les personnes en danger dans notre environnement quotidien.

Par Augustin Roger Momokana