Menoua : À Johny Baleng, Brigitte Soppo Tsobgny pose ses marques entre héritage et politique de dev.

Menoua : À Johny Baleng, Brigitte Soppo Tsobgny pose ses marques entre héritage et politique de dev.

Brigitte Soppo Ngallè, épouse Tsobgny a été installée à la tête de la sous-section RDPC B11 de Johny Baleng (Bafou) ce dimanche 23 août 2026, sous la présidence de l'Honorable Clément Dongho. Conseillère régionale de l'Ouest, cette élite a couplé son triomphe politique à la remise de bourses d'excellence scolaire aux meilleurs élèves du village. Un modèle d'intégration et de leadership féminin face aux défis du développement communautaire, décrypté par la rubrique Le radar de Komiaza.

Le village Johny Baleng, situé dans le groupement Bafou au sein de l’arrondissement de Nkong-Ni, a vibré le week-end du 23 août 2026 au rythme d'un double événement politique et social. Conseillère régionale de l’Ouest et figure montante du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), Brigitte Soppo Ngallè, épouse Tsobgny, a été officiellement installée à la tête de la sous-section RDPC B11. Un couronnement politique majeur couplé à une importante campagne

Bourse d'excellence scolaire : Stimuler la relève de Johny Baleng

Le samedi 22 août 2026, en marge de la parade de clôture de la grande biennale de rassemblement de Johny Baleng, l'esplanade communautaire a accueilli la célébration du mérite. Brigitte Soppo Ngallè Tsobgny a procédé à la remise solennelle de fournitures scolaires aux cinq meilleurs élèves de chaque classe de l'École publique du village. Au total, 30 lauréats sont repartis équipés pour la rentrée, en présence du chef du village, Sa Majesté Calvin Tsobgny III, et de ses homologues de Dzifeng, Tsingbeu et Toula Dizong.

« Notre action vise à susciter l’excellence. Nous voulons qu’après nous, Johny Baleng demeure ce grand village qu’il a toujours été », a déclaré la donatrice. Pour soutenir cet élan, la structure SCI Kingdom Music a annoncé la prise en charge intégrale des frais d'Association des Parents d'Élèves et d'Enseignants (APEE) pour ces 30 lauréats.

En signe de gratitude, Sa Majesté Calvin Tsobgny III a fait distribuer des œufs crus à l'assistance, une manière symbolique de remercier l'élite locale — notamment le patriarche Benjamin Zébazé (Ndi Nkeum Motissong) — qui l'a soutenu pour devenir un éleveur prospère. Il a profité de l'occasion pour durcir la gouvernance locale en installant un comité de recouvrement forcé des contributions au développement. Tous les deux ans, chaque homme devra verser 10 000 FCFA et chaque femme 5 000 FCFA pour financer les initiatives impulsée par le comité de développement conduit par  Mooh Njieuh Tsangue Silatsa Blaise.

Politique : L'heure de vérité pour le RDPC face aux 60% de jeunes et femmes

Le lendemain, dimanche 23 août 2026, l'esplanade de l’Hôtel de ville de Nkong-Zem a accueilli la conférence Ad hoc de la section RDPC Menoua Nord, sous la direction de son président, l’Honorable Clément Dongho. Le point d'orgue a été l'installation officielle du bureau de la sous-section B11 de Johny Baleng, désormais confiée à Brigitte Soppo Ngallè, épouse Tsobgny. L'événement a mobilisé une forte délégation de dignitaires Sawa venus de la côte pour escorter leur fille, parfaitement intégrée dans son terroir d'alliance.

Les participants ont été édifiés par une série de conférences scientifiques animées par la commission de Jean Marie Dongo. Le premier thème, développé par Jean Désiré Nguena, a appelé les élus à poser des actes concrets, mesurables et durables en faveur des populations de plus en plus exigeantes dans le contexte de la décentralisation accélérée. Le conférencier est un anciens directeurs au ministère des Travaux publics et par ailleurs conseiller municipal à Nkong-Zem. Les deux autres exposés, portés par le Professeur Christian Lambert Nguena et Monique Leboul Mocta, ont rappelé le poids démographique crucial des jeunes et des femmes, qui représentent plus de 60 % de la population. Ils se sont appuyés sur la promesse du Chef de l'État de faire du septennat en cours celui de la jeunesse et de la femme, insistant sur l'urgence de dérouler des stratégies appropriées pour les convaincre de s'inscrire sur les listes électorales et de voter pour le RDPC, malgré les pesanteurs qui les découragent au nombre desquels le financement, la tradition, etc.

Le maire de Nkong-Zem, dans son mot de bienvenue, a présenté un bilan matériel flatteur (routes reprofilées, salles de classe, engins de génie civil), révélant que sa commune occupe la première place régionale dans l’exécution du Budget d’Investissement Public (BIP) 2026, avec un taux de réalisation supérieur à 90 % pour tous ses projets.

Le radar de Komiaza : Le vivre-ensemble par les urnes, loin du venin tribal

Komiaza salue l'avènement politique de Brigitte Soppo Ngallè Tsobgny à la tête du bastion de Johny Baleng. Dans un contexte national parfois pollué par les replis identitaires, l'ascension de cette fille Sawa, devenue Conseillère régionale à Bafoussam et aujourd'hui patronne politique dans la Menoua, est une magnifique gifle administrée aux entrepreneurs du tribalisme. C'est la preuve que le "vivre-ensemble" n'est pas un slogan creux, mais une réalité ancrée dans le sol de Nkong-Zem.

La comparaison historique est saisissante. Là où sa feue belle-mère, l'icône Honorable Françoise Foning, avait bâti sa légende politique dans le chaudron du Wouri à Douala, la belle-fille choisit de retourner labourer la terre politique d'origine de son époux, Salomon Tsobgny. Le défi qui l'attend est immense : les élections législatives et municipales approchent à grands pas. Elle devra impérativement traduire sur le terrain les théories des conférences en inscrivant massivement cette majorité de 60 % de jeunes et de femmes sur les listes électorales pour maintenir intact le bastion du parti de la flamme.

Cependant, Komiaza reste vigilant sur la méthode de développement communautaire instaurée par la chefferie Johny Baleng. Créer un comité de "recouvrement forcé" de 5 000 et 10 000 FCFA démontre les limites de la contribution volontaire. Si l'élite met la main à la poche pour financer les lampadaires, la population ne doit pas se dérober. Le développement n'est pas un spectacle gratuit où l'on vient applaudir des ballets d'enfants et les chansons de l'orchestre ATMA ou de Francis Noumedem ; c'est un engagement financier collectif. Madame la Présidente a primé l'excellence scolaire pour préparer l'avenir. Il appartient désormais aux parents de Johny Baleng de financer le présent en s'acquittant de leurs cotisations. On ne bâtit pas un grand village avec du bavardage, mais avec de la rigueur et de la discipline citoyenne.

Par Augustin Roger MOMOKANA