Drame à Dschang : Trois jeunes originaires de la Manyu sauvagement assassinés dans leur chambre.

Drame à Dschang : Trois jeunes originaires de la Manyu sauvagement assassinés dans leur chambre.

La ville de Dschang est plongée dans la stupeur et l'effroi. Le jeudi 20 août 2026, en début d’après-midi, les corps sans vie de trois jeunes hommes, nés  en 1998, 2001 et 2003, ont été découverts dans une mare de sang au quartier Mingmeto, juste en amont du palais royal. Les premières révélations pointent vers un assassinat crapuleux orchestré par un mystérieux occupant clandestin.

Le piège de la clé et l’intrus de la chambre

La genèse de ce triple meurtre s'articule autour d'une série d'événements suspects débutés le mardi soir. Un frère de l'une des victimes, Thomas Nkemtaji, arrive à Dschang en provenance de son village natal pour une escale avant de rallier Yaoundé. En se présentant à la chambre de son cadet, il trouve la porte close. Après avoir longuement insisté, la porte lui est finalement ouverte par un individu totalement inconnu. Malgré cette présence insolite, le voyageur y passe la nuit.

Le mercredi matin, le frère se rend au marché pour faire des courses. À son retour, le constat est amer : ses deux téléphones portables et plusieurs effets vestimentaires ont été volés. Alerte est immédiatement donnée. Contacté par un autre membre de la famille, Thomas Nkemtaji affirme catégoriquement n'avoir jamais confié le double de ses clés à qui que ce soit.

Thomas décide alors de quitter son lieu d'activité pour venir tirer cette affaire au clair. Il est rejoint par un autre frère, venu du village pour acheter des équipements sportifs en vue de la clôture d’un championnat de vacances. Dans la soirée, l'inconnu refait surface dans la chambre, reconnaît le vol des téléphones et promet de les restituer. Informé de la situation par téléphone, un grand frère de la famille conseille fermement à Thomas de conduire immédiatement le suspect vers un poste de sécurité. Ce sera leur dernier échange.

Une macabre découverte au bout des recherches

Le jeudi matin, l'angoisse s'installe. Le grand frère tente désespérément de joindre Thomas pour savoir si le suspect a été livré aux forces de l'ordre. Face au silence de son téléphone, il entame une tournée des commissariats de police et des brigades de gendarmerie de la ville de Dschang.

N'obtenant aucune trace administrative de leur passage, il se résout à se rendre directement à la mini-cité de Mingmeto. C’est là que l'horreur se révèle : la chambre était verrouillée depuis l’extérieur. À l'intérieur, trois corps gisent sans vie. L’une des victimes a été sauvagement poignardée au niveau du cou et abandonnée dans la douche, tandis que les deux autres corps se trouvaient dans la pièce principale.

Les victimes ont été formellement identifiées. Il s'agit de :

- Thomas Nkemtaji (locataire de la chambre) ;

-  Mofor Felix Bright (élève au Collège Albert Camus) ;

- Les deux jeunes hommes sont originaires du village Agong, dans la commune de Tinto (département de la Manyu, région du Sud-Ouest).

La troisième victime est un de leurs amis, originaire du même village. Ce dernier venait d'acheter une moto deux jours auparavant. Bien que sa mère lui ait expressément recommandé de garer l'engin de nuit dans une station-service sécurisée, il avait choisi de rejoindre ses camarades pour passer la nuit avec eux. Si les trois jeunes ont été massacrés, la moto, garée dans la concession, n’a curieusement pas été emportée par les tueurs.

Le déploiement des autorités et l'ouverture de l'enquête

Dès l'alerte donnée, un important dispositif sécuritaire, judiciaire et administratif s'est déployé au quartier Mingmeto. Le préfet du département de la Menoua, Itoe Peter Mbongo, le procureur de la République près les tribunaux de Dschang, le médecin légiste, ainsi que les équipes de police et des sapeurs-pompiers ont procédé aux constatations d'usage.

Après la levée des corps, les trois dépouilles ont été transférées et déposées à la morgue de l’hôpital régional annexe de Dschang. Les enquêtes criminelles immédiatement ouvertes devront désormais identifier le détenteur des clés clandestines, retrouver le suspect en fuite et faire toute la lumière sur les mobiles de ce crime barbare qui secoue la communauté de la Menoua.

Par Augustin Roger Momokana