Mondial 2026 : Entre deux poids, deux mesures, le bloc Gullit-Henry-Drogba appelle à la refondation

Mondial 2026 : Entre deux poids, deux mesures, le bloc Gullit-Henry-Drogba appelle à la refondation

FIFA World Cup 2026 : Entre deux poids, deux mesures et complaisance, le bloc Gullit-Henry-Drogba appelle à la refondation de la FIFA.

La fronde contre la présidence de la FIFA prend une tournure historique en pleine Coupe du monde 2026. L'icône du football néerlandais, Ruud Gullit, a publiquement appelé Gianni Infantino à démissionner de ses fonctions au milieu d'une controverse internationale grandissante. Cette charge sans précédent a été immédiatement rejointe et soutenue par deux autres légendes mondiales, Thierry Henry et Didier Drogba, dénonçant un hold-up sur les valeurs du football et exigeant une restructuration profonde de l'instance faîtière.

Une Coupe du monde synonyme de divisions et d'échecs administratifs

Sortant d'un long silence motivé par l'espoir de voir le jeu triompher sur les aspects extrasportifs, Ruud Gullit a porté un coup de semonce dévastateur contre le leadership de la FIFA. L'ancien capitaine des Oranje estime que le football a été relégué au second plan, cédant la place à un symbole de fractures géopolitiques majeures.

Parmi les dérives administratives les plus graves, Gullit pointe du doigt le retrait des allocations de billets pour les supporters iraniens, mais surtout le scandale entourant l'arbitre international somalien Omar Artan. Sélectionné au mérite par l'instance faîtière pour officier au plus haut niveau, ce dernier s'est vu refuser l'entrée sur le territoire du pays hôte américain. « Ce ne sont pas des problèmes mineurs. Ils frappent au cœur de ce que la Coupe du monde est censée représenter », a martelé le champion d'Europe 1988.

La faillite du leadership et l'exclusion des supporters ordinaires

Pour la légende du football mondial, ces dysfonctionnements et obstructions administratifs étaient parfaitement prévisibles, engageant directement la responsabilité managériale du patron de la FIFA, dont les assurances répétées de bienvenue se révèlent caduques.

Ruud Gullit critique ouvertement la dérive mercantile d'une compétition devenue hors de prix pour les supporters fidèles qui construisent l'économie du football au profit d'un entre-soi d'entreprises et de spectateurs fortunés. Rappelant avec force que le tournoi appartient exclusivement aux joueurs, aux arbitres et aux fans, et non aux gouvernements ou aux intérêts politiques, il invite Gianni Infantino à cesser les séances de photos politiques pour assumer ses responsabilités en cédant sa place à un nouveau leadership.

 Le front des légendes s'élargit : Les tirs de barrage de Henry et Drogba

Cette demande de démission ne résonne plus comme une voix isolée. Les sorties de Thierry Henry et de Didier Drogba sont venues légitimer et amplifier la charge initiale de Ruud Gullit en y apportant des arguments de poids. Pour le champion du monde français Thierry Henry, l'incapacité de l'administration Infantino à protéger l'universalité du jeu est un reniement total : « Le football a toujours été à son meilleur lorsqu’il réunit des personnes de cultures, de religions et d’origines politiques différentes. C’est la beauté du jeu », a rappelé l'icône d'Arsenal.

Didier Drogba a enfoncé le clou sur le terrain des obligations contractuelles et morales de l'attribution du tournoi. L'ex-capitaine des Éléphants de Côte d'Ivoire a rappelé qu'un État hôte doit se soumettre aux règles du football mondial sans discrimination : « Quand un pays se porte candidat pour accueillir le plus grand tournoi de football de la planète, il sait exactement ce qui va avec. Joueurs, arbitres, officiels et supporters de tous les coins du monde font partie du lot ».

La réplique de Zurich : La FIFA invoque la souveraineté des États

Face à cette levée de boucliers des anciennes gloires du football, la réaction de l'instance faîtière ne s'est pas fait attendre. Dans un communiqué officiel, la FIFA a tenté de minimiser sa responsabilité en déplaçant le débat sur le terrain du droit international.

Pour justifier l'exclusion de l'arbitre somalien Omar Artan ainsi que les restrictions imposées aux supporters, l'organisation a plaidé que le contrôle des frontières et l'octroi des visas relèvent de la souveraineté exclusive de l'État hôte. En clair, Zurich refuse de porter le chapeau de ces défaillances administratives, les qualifiant de simples procédures d'immigration nationales indépendantes de son autorité politique ou de son leadership.

L’imposture du deux poids, deux mesures face aux superpuissances

Cet argument de la souveraineté nationale est pourtant jugé farfelu et juridiquement infondé par les observateurs du droit sportif. En effet, lorsqu'un État soumissionne pour accueillir la Coupe du monde, il signe un cahier des charges contraignant par lequel il s'engage expressément à respecter les règlements de la FIFA, notamment le libre accès et le traitement équitable de tous les officiels qualifiés. Les pays hôtes bénéficient de plusieurs années de préavis pour adapter leurs procédures de visa aux exigences de la compétition.

Ce qui se passe aujourd'hui aux États-Unis met en lumière un « deux poids, deux mesures » intenable. Tout le monde sait qu'un tel scénario ne pourrait jamais se produire lors des prochaines éditions au Maroc ou en Espagne sans que la FIFA ne menace immédiatement de suspendre le pays organisateur. Alors que l'instance de Zurich brandit régulièrement des sanctions de suspension immédiate contre les fédérations africaines ou d'Amérique latine à la moindre interférence ou entrave administrative, elle fait preuve d'une complaisance coupable face aux géants économiques, confirmant que ses règles varient selon le poids financier de ses interlocuteurs.

Le radar de Komiaza

Face à la gravité de ce hold-up manifeste sur l'éthique du sport, l'inertie des instances nationales n'est plus de mise. Il appartient désormais aux fédérations de football de prendre acte de cette faillite morale, d'exercer leur souveraineté interne pour sanctionner les responsables actuels de la FIFA et de rejeter cette gouvernance asymétrique. La Coupe du monde ne peut être prise en otage par la diplomatie des superpuissances avec la complicité de Zurich. L'heure est à l'action collective : les fédérations doivent imposer sur la table l'urgence absolue d'une refondation de l'organe faîtier mondial, afin de restituer le football à ses véritables propriétaires : les joueurs, les officiels et les supporters.

Par Augustin Roger Momokana