Économie Circulaire : La Bourse Nationale des Déchets décolle, Dschang montre la voie !

Économie Circulaire : La Bourse Nationale des Déchets décolle, Dschang montre la voie !

Le Hilton de Yaoundé a vibré au rythme de l’écologie industrielle. Sous l’impulsion du Ministre Pierre HELE, le Cameroun lance sa Bourse Nationale des Déchets (BND). Pour Komiaza, l’enjeu est désormais clair : il ne s'agit plus seulement de ramasser les « ordures », mais de structurer une filière industrielle capable de transformer chaque résidu — du vieux cahier à la pièce mécanique — en une ressource monnayable.

Les idées forces pour une révolution verte :

  • L’École de Dschang : Un savoir-faire pionnier dans le compostage bio, déjà exporté en Guinée et en Côte d’Ivoire, qui doit servir de boussole nationale.
  • Le Déchet « Global » : Sortir de la logique ménagère pour intégrer les plastiques, les métaux mécaniques, les cartons et les vieux livres dans le circuit marchand.
  • L’Impératif du « Geste Technique » : L'urgence de créer des formations pratiques pour maîtriser le tri sélectif par matériau et les procédés de transformation.
  • Le Marché BND : Une structure mixte (60% État, 40% privé) pour connecter enfin les collecteurs locaux aux industriels du recyclage.
  • Fin de la Récréation : Des amendes fermes contre l'incivisme pour forcer les déchets vers les circuits de valorisation.

Dschang : Plus qu’une commune, une expertise africaine

Pendant que le pays réfléchissait encore aux textes, la Commune de Dschang agissait déjà sur le terrain. Son expérience dans la collecte et la transformation des biodégradables est aujourd'hui une référence continentale. De Kindia à Tiassalé, on vient apprendre dans la Menoua comment transformer les restes de cuisine en un compost de haute qualité. Pour la Bourse Nationale, Dschang n'est pas qu'un participant : c'est le maître d'école qui prouve que l'agriculture bio peut se nourrir de nos propres résidus.

La Bourse Nationale des Déchets : Vers une « Médiathèque » du recyclage

La Bourse Nationale des Déchets est un « grand marché où les différents actuellement se retrouvent pour proposer ou acheter autour d'un outil innovant. La création d'un marché boursier des déchets va permettre de mettre en relation les offreurs et les demandeurs, et de transformer les déchets en ressources précieuses. L'impact de cette initiative permettra la réduction des importations et la promotion de l'économie locale », s’est réjoui Rebecca Sylvie ESSOMBA. La directeur général de la bourse nationale des déchets s’exprimait au micro de fusionnews.online. Il s’agit, au-delà, du tri sélectif, de la précollecte et de la collecte, de transformer les différents déchets en valeurs économiques, sans toutefois de mettre en avant le vecteur Salubrité environnementale.

La particularité de cette Bourse est de viser la création d'emplois massifs. Mais attention : recycler ne s'improvise pas. Aujourd'hui, le déchet est pluriel : emballages industriels, ferraille mécanique, bouteilles plastiques, vieux cahiers et livres détériorés. Pour que la BND soit efficace, Komiaza appelle à la mise sur pied de formations de terrain. Il ne s'agit plus de faire des séminaires théoriques, mais d'apprendre aux jeunes les techniques de séparation des polymères, le pressage du papier et la dépollution des huiles mécaniques.

Gouvernance et Répression : Le bâton et la carotte

Avec 600 000 tonnes de plastique qui étouffent nos drains, la sensibilisation a atteint ses limites. Les assises de 2025 ont ouvert la voie à des sanctions pécuniaires. Jeter un pneu ou une pile de vieux cartons dans la nature doit coûter cher, tandis que les rapporter à la Bourse doit rapporter un revenu immédiat. C'est cet équilibre entre l'amende et le profit qui assainira nos métropoles de Yaoundé et Douala. La sanction ne devra pas cibler uniquement les ménages ou les usagers de la route, elle doit également prendre en compte les opérateurs du secteur qui, la plupart du temps sont de grand pollueurs.

Un appel aux pionniers industriels

Le Ministre a salué les entreprises qui n'ont pas attendu l'État pour agir : Namé Recycling, Séca, les Boissons du Cameroun, RED-PLAST et MIT CHIMIE. Ces champions nationaux sont les premiers clients de la Bourse. Ils attendent désormais que nos communes et nos jeunes leur fournissent des volumes de matières triées et prêtes à être réinjectées dans l'économie. Au lendemain du 12 février, l’on a assisté à la publication par une entreprise du tarifaire de collecte dans les métropoles du pays. Un kilogramme de papier carton ou vieux cahiers à 50 FCFA.  Si la même quantité de matière est transformée en objet de décoration, sa valeur  atteindra des sommes record. Aussi, il serait intéressant que privilégier l’artisanat de création, pour ne pas s’abandonner aux seuls recycleurs industriels.

Le Radar Komiaza

La Bourse des Déchets est une chance historique pour le Cameroun. Mais son succès dépendra d'une chose : la formation pratique. Apprenons à voir dans un vieux livre ou une pièce mécanique usagée une promesse de richesse. Regardons vers Dschang, adoptons les bons gestes et transformons enfin notre environnement en patrimoine. Le futur est au tri sélectif!

Par la Rédaction de Komiaza.