Ces ordures que vous foulez aux pieds valent de l'or : l’Afrique va enrichir ceux qui comprendront .
Vous marchez dessus chaque jour sans y prêter attention. Vous les contournez dans la rue. Vous les brûlez dans vos cours. Vous les jetez dans les décharges à ciel ouvert en espérant qu'elles disparaissent par magie.
Mais ces ordures que vous méprisez, ces déchets qui puent et qui gênent, sont en train de devenir la plus grande opportunité économique de ce siècle.
Pendant que nous continuons à les traiter comme un problème, d'autres continents en ont fait des milliards. L'Afrique est la dernière à prendre ce train. Mais ceux qui monteront maintenant seront les milliardaires de demain.
Laissez-moi vous ouvrir les yeux.
Commençons par regarder les chiffres, personnellement ça me donne donne le vertige.
En 2050, l'Afrique comptera près de 2,5 milliards d'habitants. C'est deux fois et demie plus qu'aujourd'hui. Plus de monde, c'est plus de consommation. Plus de consommation, c'est plus de déchets.
Les projections des Nations Unies estiment que la production de déchets en Afrique subsaharienne va tripler d'ici 2050 pour atteindre plus de 500 millions de tonnes par an. Cinq cents millions de tonnes de matières qui peuvent être transformées, recyclées, valorisées.
Ce n'est pas un problème. C'est un gisement. Un gisement qui dort sous nos yeux.
Pendant que nous cherchons du pétrole, du gaz, de l'or, nous négligeons cette mine d'or moderne qui pousse chaque jour dans nos poubelles. Et c'est peut-être la plus grande erreur de notre génération.
Dans les années 1980, des entrepreneurs européens ont commencé à s'intéresser aux déchets. Tout le monde les prenait pour des fous. Pourquoi investir dans ce que les autres jettent ?
Aujourd'hui, l'Europe recycle plus de 50% de ses déchets. L'Allemagne atteint même 70%. Des entreprises comme Veolia ou Suez pèsent des dizaines de milliards d'euros. Elles sont nées de cette intuition : ce que les autres jettent peut devenir une ressource.
La Chine a suivi le même chemin. Elle a interdit l'importation de déchets étrangers en 2018, non pas parce qu'elle n'en voulait plus, mais parce qu'elle avait compris que ses propres déchets valaient de l'or. Aujourd'hui, elle construit des usines de recyclage dernier cri et forme une génération d'entrepreneurs du déchet.
Pendant ce temps, en Afrique, 90% de nos déchets finissent dans des décharges sauvages ou brûlés à l'air libre. Nous ne voyons pas que nous brûlons littéralement de l'argent.
Ce que personne ne vous dit, c'est qu'il existe des centaines de façons de transformer les déchets en revenus.
Prenons les pneus usés. Vous en voyez partout, entassés dans les garages, brûlés au bord des routes. Savez-vous qu'ils peuvent être transformés en granulés de caoutchouc pour les sols sportifs, en combustible pour les cimenteries, en bitume modifié pour les routes ?
Prenons les déchets plastiques. Ils peuvent devenir des pavés, des briques, des planches de construction. Des entreprises en Inde et en Afrique du Sud fabriquent déjà des routes entières avec du plastique recyclé. Moins chères, plus résistantes, plus durables.
Prenons les déchets organiques. Épluchures, restes de nourriture, coques de noix. Ça peut devenir du biogaz pour cuisiner, du compost pour fertiliser les terres, du charbon écologique pour remplacer le bois.
Prenons les huiles de moteur usées. Filtrez-les, traitez-les, et vous obtenez des lubrifiants pour l'industrie, du combustible pour les chaudières, des bases pour la fabrication de savons.
Prenons les déchets électroniques. Vieux téléphones, ordinateurs en panne, câbles hors d'usage. Ils contiennent de l'or, de l'argent, du cuivre, du palladium. Des métaux précieux qu'on extrait des mines à grand coût alors qu'ils dorment dans nos tiroirs.
Chaque déchet a une seconde vie. Il suffit de savoir la lui donner.
Le problème, c'est que nous n'avons pas encore changé notre regard.
Nous voyons encore les déchets comme une honte, comme une saleté, comme quelque chose dont il faut se débarrasser vite fait, bien fait.
Ce regard nous coûte cher. Très cher.
Dans les pays développés, des entreprises paient pour avoir accès aux déchets. Oui, vous avez bien lu : elles achètent ce que nous jetons. Parce qu'elles savent en extraire de la valeur.
Nous, nous payons pour les faire enlever. Nous payons des sociétés de collecte, des services de nettoiement, des décharges. Nous dépensons de l'argent pour gérer ce qui pourrait nous en rapporter.
C'est un non-sens économique pur et simple.
La première chose à faire, c'est de changer de regard. Cesser de voir les déchets comme un problème et commencer à les voir comme une ressource. C'est mental, mais c'est fondamental.
La deuxième chose, c'est de s'informer. De comprendre ce qui se fait ailleurs, d'étudier les technologies existantes, de visiter des entreprises de recyclage. La connaissance est le premier investissement.
La troisième chose, c'est de commencer petit. Pas besoin d'une usine de plusieurs milliards. Un atelier de tri, une presse à balles, un broyeur. Avec moins de 5 millions de FCFA, on peut lancer une activité de collecte et de première transformation.
La quatrième chose, c'est de s'organiser en réseau. Le recyclage est une industrie de volume. Seul, on est faible. En groupe, on est fort. Des coopératives de collecteurs, des associations de transformateurs, des clusters d'entreprises.
La cinquième chose, c'est de penser circuit court. Le déchet d'une entreprise peut être la matière première d'une autre. Le son de riz du meunier peut nourrir les poules de l'éleveur. Les coques d'arachide du transformateur peuvent chauffer le four du boulanger.
Ce qui manque, ce n'est pas les déchets. On en a à profusion.
Ce qui manque, ce n'est pas la main d'œuvre. Nos jeunes cherchent du travail.
Ce qui manque, ce n'est pas le marché. Les industries ont besoin de matières premières.
Ce qui manque, c'est l'entrepreneur qui fera le lien. Celui qui organisera la collecte là où personne n'organise. Celui qui installera la machine là où personne n'installe. Celui qui formera les équipes là où personne ne forme.
Cet entrepreneur, c'est celui qui aura compris que l'or de demain est dans les poubelles d'aujourd'hui.
Les obstacles qu'il faudra surmonter sont réels, il ne faut pas se mentir.
Le premier, c'est la collecte. Nos déchets sont dispersés, mélangés, difficiles à rassembler. Mais c'est aussi une opportunité : celui qui organise la collecte crée un service indispensable.
Le deuxième, c'est la technologie. Certaines transformations demandent des équipements qu'on ne trouve pas toujours localement. Mais internet a réduit les distances. On peut importer, adapter, fabriquer.
Le troisième, c'est la réglementation. Dans beaucoup de pays africains, le cadre légal du recyclage est flou. Mais c'est aussi une chance : on peut participer à le construire, à le façonner.
Le quatrième, c'est les mentalités. Beaucoup considèrent encore le recyclage comme une activité de pauvre. Mais quand ils verront les premiers milliardaires du déchet, ils changeront d'avis.
Imaginez un instant.
Des usines de recyclage partout dans nos villes, créant des emplois pour des milliers de jeunes. Des produits fabriqués à partir de nos déchets, vendus sur les marchés locaux et exportés dans le monde. Des villes propres, des rues sans ordures, des décharges transformées en parcs.
Imaginez des entrepreneurs qui ont commencé avec un simple tricycle et qui dirigent aujourd'hui des entreprises de 500 personnes. Imaginez des jeunes qui ont choisi ce secteur par défaut et qui sont devenus millionnaires par détermination.
Ce n'est pas un rêve. C'est ce qui se passe déjà ailleurs. Et ça peut se passer ici.
Les pays qui ont pris conscience du potentiel des déchets il y a trente ans sont aujourd'hui des leaders du recyclage. Nous avons trente ans de retard. Mais nous avons aussi trente ans d'expérience à observer, à copier, à adapter.
Nous pouvons sauter des étapes. Éviter leurs erreurs. Adopter directement les meilleures technologies. Créer des modèles adaptés à notre réalité.
La seule question qui vaille.
Elle est simple, brutale, personnelle.
Est-ce que vous serez de ceux qui regarderont passer ce train, ou de ceux qui monteront dedans ?
Est-ce que vous continuerez à voir les ordures comme une saleté, ou commencerez-vous à y voir de l'argent ?
Est-ce que vous laisserez à d'autres le soin de ramasser ce qui traîne, ou irez-vous le chercher vous-mêmes ?
Parce que dans dix ans, dans vingt ans, quand des milliardaires africains du recyclage seront célébrés dans les magazines, ils ne diront pas qu'ils ont eu de la chance.
Ils diront qu'ils ont vu ce que personne ne voyait. Qu'ils ont osé ce que personne n'osait. Qu'ils ont construit ce que personne ne construisait.
Par Développement personnel, Entrepreneuriat, Investissement








