Portrait d'un territoire en mutation : La Menoua à l'heure du bilan 2025.

Portrait d'un territoire en mutation : La Menoua à l'heure du bilan 2025.

Le TOP 50 KOMIAZA est un bilan de référence des personnalités et entités ayant façonné le département de la Menoua au cours de l'année 2025. Nous vous présentons le département, avant que ne suive, dans les prochains jours, notre palmarès exclusif.

Un territoire stratégique et cosmopolite

Le département de la Menoua s'étend sur une superficie de 1 380 km², habitée par environ 350 000 habitants répartis dans six communes (Dschang, Fokoué, Fongo-Tongo, Nkong-Ni, Penka-Michel et Santchou). Dschang, le chef-lieu, concentre à lui seul près de 200 000 habitants, dont une communauté de 20 000 étudiants qui en fait le poumon intellectuel de la région. Avec une densité dépassant les 210 habitants/km², c'est l'un des territoires les plus dynamiques de l'Ouest.

Cette terre volcanique fertile, marquée par un relief accidenté dont la célèbre falaise de Dschang, est un condensé de patrimoines exceptionnels : chutes, grottes, plantations historiques, musées et sites de mémoire. Unique au Cameroun, la Menoua partage ses limites avec trois régions : le Littoral, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest. Ce carrefour géographique lui confère un caractère cosmopolite et fortement bilingue, où cohabitent trois groupes linguistiques principaux : le Yemba (majoritaire), le Mbo (plaine de Santchou) et le Mock (minorité de Fossong Ellelem).

Un laboratoire national des contrastes

En fouinant ce territoire, Komiaza a identifié les hommes et les femmes exceptionnels qui ont marqué l'année 2025. Le constat est sans appel : la Menoua est en soi un véritable laboratoire politique, culturel, sportif, diplomatique et social de la vie nationale.

Pourtant, ce tableau présente des ombres persistantes. Si le département brille par l'éclat de ses personnalités individuelles, il souffre cruellement de la fragilité de ses institutions. En 2025, quatre entités ont illustré cette crise de gouvernance :

  • La Chefferie supérieure Fotetsa, devenue le spécimen d'une lutte pour le pouvoir au détriment de la tradition.
  • Le Forum des Associations de la Menoua (FORAM), qui a brillé par son inertie et son mutisme face aux défis citoyens.
  • L'Hôtel de Ville de Dschang, devenu l'otage d'une crise sociale profonde avec des employés sans salaires depuis huit mois.
  • L’Alliance Franco-Camerounaise, transformée en terrain de jeu pour une course à l’enrichissement personnel.

C'est dans ce contexte de mutation permanente, entre excellence individuelle et naufrage institutionnel, que nous avons dressé notre liste. Rendez-vous dans nos prochaines éditions pour découvrir qui sont les acteurs qui n'ont pas courbé l'échine en 2025.

Par Augustin Roger MOMOKANA