5 Nov. 2024- 5 Nov. 2025:un an déjà que la falaise de Dschang a enseveli des vies humaines.[Komiaza]
Le 5 Novembre 2024. Entre 10heures et 14heures, une partie de la falaise de Dschang se refermait sur une trentaine d’hommes et femmes. Ils revenaient de voyages, ils se trouvaient dans leurs plantations, ils étaient venus de la ville par curiosité, ils voulaient dégager la terre sur la chaussée afin que la circulation sur cet axe majeur de notre pays ne soit pas suspendue. Malheureusement, un second éboulement, plus méchant et sanguisorbe les a surpris : la mort les a emportés. Certaines dépouilles ont été sorties des terres, d’autres doivent y avoir été définitivement retenus.
Aujourd’hui mercredi 5 novembre 2025, jour de commémoration du double éboulement survenu le 5 novembre 2024 à la falaise de Dschang, Komiaza voudrait réitérer sa vive compassion aux familles endeuillées par cette catastrophe naturelle et renouveler ses prières pour le doux repos des âmes prématurément arrachées à la vie.
Le sang de nombreuses personnes : piétons, passagers de cars de transport et conducteurs de Caterpillars fertilise le sol qui fume de larmes d’oubli et d’abandon. Combien sont-elles ces morts ? Tous les corps ont-ils finalement été sortis des terres ? Il est impossible de répondre à ces questionnements. Pendant ce temps la route régionale R.606 ronronne et saigne.
Un an après, alors que nous commémorons les vies perdues, la circulation sur la falaise de Dschang demeure à tête chercheuse : seuls les véhicules de moins de 3,5 tonnes sont autorisés sur la déviation qui, il y a quelques jours, a elle aussi connus un glissement. Les travaux de la construction de la traversée circulation se poursuivent. Les 350 mètres à reconstruire ont été confiés à l’entreprise chinoise CFHEEC. Elle s’est déployée depuis sept mois sur le terrain. Cela lui vaut un peu plus de 3 milliards FCFA. Semble-t-il, le chantier dont la durée d’exécution était de trois mois s’est avéré plus complexe que l’on n’y croyait.
Les morts respirent-ils ? Les morts voient-ils les vivants ? Les morts entendent-ils les échos de la vie terrestre ? Les morts lisent-ils les complaintes et les manigances humaines ? Les morts voient-ils nos cœurs ? que nous diraient-ils de nos dirigeants ? Que nous diraient-ils de ces élans de générosité portés par Falaise Solidarité ? La gestion de cette catastrophe a été différente. Pas de cérémonie officielle d’hommages et de compassion comme cela avait été toujours le cas pour ce genre de triste événement.
L’horreur a eu lieu à Dschang. Pourtant un jour, via la Crtv, le monde a assisté à une geste de solidarité organisé à Yaoundé par la Première Dame du Cameroun pour les orphelins. Madame Chantal Biya l’a fait en marge d’une assemblée générale de la fondation. Ces enfants vus à la télé sortaient d’où ? Qui sont-Ils ? Pourquoi sur le terrain à Dschang aucun enfant concerné n’a été convié ? Sont-ce les enfants des amis des défunts qui étaient concernés ? Dschang, l’opinion publique demeure convaincue que quelque chose de pas catholique s’est passé sur le dos des morts.
A Dschang, l’Opinion publique s’indigne du silence gouvernemental après les annonces des stèles pour rendre hommage aux victimes de la falaise et sensibiliser les usagers de cette route sur son caractère accidentogène. Il ne s’agit pas transformer la falaise de Dschang en stèles. Une seule stèle suffit, mais il faudra bien choisir son emplacement. Il suffit de bien la penser et d’y voir une œuvre globale et atemporelle. N’oublions plus nos morts, ces morts dont les chants susurrent aux passagers qui passent par-là, ces morts dont chaque hurlement provoque soit un affaissement de la chaussée soit une fissure.
Augustin Roger MOMOKANA








